Archive for July, 2014

Coming soon: the French and Chinese translations of MEHER BABA—THE COMPASSIONATE ONE!

Monday, July 7th, 2014

Here follows a rough draft of the French translation, not to be taken as final but as a taste of what is to come for introducing French-speaking people to Avatar Meher Baba:

Meher Baba

*

le Compatissant

Rick M. Chapman

Meher Baba

*

le Compatissant

Meher Baba, Londres, 1931

Meher Baba

*

le Compatissant

Rick M. Chapman

[Logo The White Horse Publishing Company]

[The White Horse Publishing Company]

[www.whitehorsepublishing.com][1]

Copyright © 1987, 2008, The White Horse Publishing Company, Berkeley, Californie, États-Unis d’Amérique.

Toutes les citations et photographies de Meher Baba sont reproduites avec autorisation : copyright © Avatar Meher Baba Perpetual Public Charitable Trust, King’s Road, Ahmednagar, État du Maharashtra, Inde et Lawrence Reiter, North Myrtle Beach, Caroline du Sud, États-Unis d’Amérique.

Les deux discours tirés de The Everything and The Nothing : « I am the Song » et « The Pearl Diver »[2] , copyright 1963 par Meher House Publications, Kalliana Crescent, Beacon Hill, N.S.W., Australie.

Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être utilisée ou reproduite d’aucune manière sans autorisation écrite, sauf dans le cas de brèves citations au sein d’articles de critique ou d’analyse.

Imprimé par REVOIR

[3]

Pour plus d’information, s’adresser à : The White Horse Publishing Company

www.whitehorsepublishing.com REVOIR

ISBN REVOIR

ISBN-10 REVOIR[4]

SOMMAIRE

Avant-propos : une invitation…. 7

Première partie :

Une brève introduction à la vie et à l’œuvre de l’Avatar Meher Baba…. 8

Épilogue : et maintenant ?…. 40

Deuxième partie :

Messages et discours choisis de l’Avatar Meher Baba…. 43

Le Message Universel…. 45

L’Avatar…. 46

La Nouvelle humanité…. 50

Le commencement et la fin de la Création…. 56

La vie de l’esprit…. 63

L’amour…. 68

Les douleurs de l’enfantement d’un monde nouveau…. 73

Douze façons de me réaliser…. 76

I am the Song…. 78

The Pearl Diver…. 80

Le Très-Haut (le Plus Haut des Hauts)…. 82

L’Appel de Meher Baba…. 86

Les sept réalités…. 89

La Prière universelle…. 90

Comment aimer Dieu…. 91

Pour plus de renseignements…. 92

[Dessin Mastery in Servitude]

À l’origine, j’ai écrit la biographie succincte qui constitue la première partie de ce livre au début des années 1970, sous la forme d’un article qui devait être publié par le magazine Life. J’étais récemment revenu d’Inde où j’avais rencontré Meher Baba, dont les messages sur la différence entre l’usage de drogues psychédéliques et le véritable mysticisme avaient, à l’époque, suscité un très large intérêt dans les campus étudiants, à la radio, à la télévision et dans la presse écrite. La vie, cependant, est imprévisible : Life a fermait ses portes deux semaines après la soumission de l’article.

Ce dernier devint finalement une brochure intitulée Meher Baba – The Compassionate Father*, qui fut distribuée pendant des années par Meher Baba Information ; elle était envoyée gratuitement à tous ceux qui, depuis le monde entier, désiraient en savoir plus sur l’avènement le plus récent du Dieu-Homme. Puis, de nombreuses années plus tard, en 1987, le texte a été revu et réédité sous la forme d’un nouveau livret introductif ; puis, sous celle d’un livre, grâce à l’ajout de plusieurs messages fondamentaux, de discours et de photos qui complétaient la courte biographie. Il portait aussi un nouveau titre, Meher Baba – The Compassionate One**, qui a frappé mon esprit parce qu’il transmettait de façon plus authentique et appropriée le sens profond derrière le nom donné à l’Avatar de cette époque. Il apparaissait comme une réminiscence du qualificatif du Bouddha, « l’Illuminé », tout en perdant le côté simpliste de la traduction du mot « Baba », universel dans les vernaculaires de l’Inde.

Pour diverses raisons, seules quelques copies du nouveau livre et du livret sont arrivées jusqu’en Inde. La présente réimpression en Inde*** du texte, révisé à quelques endroits, cherche à réparer cette erreur et à offrir de nouveau quelques informations liminaires sur l’Avatar actuel, tant sous la forme d’un livre que d’un livret. À cause de son extrême brièveté, je considère avant tout ce livre comme une simple « invitation » à rencontrer Meher Baba ; comme une petite esquisse sur sa vie, son œuvre et ses messages. Une invitation, de par sa nature, est l’annonce de quelque chose à venir, un billet d’entrée à un événement ou à une manifestation. De la même manière, ce livre vous invite à « rencontrer » Meher Baba et vous donne un avant-goût de ce qui vous attend : la chance d’en apprendre sur la vie et l’œuvre du Christ de ce temps, et de découvrir en son cœur languissant sa présence éternellement vivante.

remière partie

Une brève introduction à la vie et l’œuvre

de

l’Avatar Meher Baba

[Dessin Mastery in Servitude]

Meher Baba signifie « le Compatissant » ; c’est le nom que les premiers disciples ont choisi en groupe pour leur Maître quand, au début des années 1920, sont apparus les signes de son incomparable statut spirituel. Tenter de décrire brièvement la vie de Meher Baba, c’est en ébaucher un croquis, certes énigmatique, mais remarquable. D’une part, des innombrables milliers de personnes de tous horizons religieux le reconnaissent comme « Dieu sous forme humaine » – comme le Christ, le Prophète, le Sauveur, le Messie : l’Avatar de cette époque[5] . D’autre part, pendant la majeure partie de sa vie, Meher Baba a mené toutes ses activités, nombreuses et variées, tout en gardant le silence. Pendant quarante-quatre ans, depuis 1925 jusqu’à ce qu’il abandonne sa forme physique en 1969, il a entraîné ses disciples et il a travaillé à élever la condition des lépreux et des pauvres ; il a fourni une éducation gratuite et des soins médicaux aux villageois dans le besoin, ou il a donné une instruction spirituelle aux étudiants de son extraordinaire Prem (« Amour ») Ashram ; il a travaillé intensément avec les masts spirituellement ivres (que Baba a décrits comme les véritables amants de Dieu) ou il a rencontré les foules qui se pressaient pour son darshan (« vue, vision ») à chaque fois qu’il se rendait disponible en public ; il a apporté un regard frais sur chaque aspect de la quête spirituelle par ses messages, ses discours et ses livres, et il a fourni des conseils individuels spécifiques à ses innombrables fidèles dans le monde entier : tout au long de ces quarante-quatre années, Meher Baba a gardé le silence. Au lieu de parler, il s’en est remis à d’autres moyens pour dispenser les messages qu’il désirait transmettre, mais avant tout, il a communiqué de manière absolument irrésistible à travers le langage de son amour[6] .

« Non seulement dans cette Incarnation, mais à chaque fois que je viens, je souligne que l’amour est le remède. »

Meher Baba a affirmé sans détour qu’il est l’Ancien, l’Incarnation divine[7] ou le « Dieu-Homme » dont l’avènement[8] a été attendu dans de nombre de traditions religieuses et spirituelles contemporaines. En Inde, il est le plus couramment appelé l’« Avatar », un mot sanscrit qui signifie littéralement « Descente de Dieu ». Certaines doctrines religieuses affirment que de telles manifestations[9] de Dieu n’ont eu lieu qu’une seule fois dans l’histoire, par l’intermédiaire d’un Dieu-Homme en particulier ; toutefois, les enseignements mystiques qui se trouvent derrière toutes les grandes religions du monde indiquent que l’apparition de l’Avatar est loin d’être un événement ponctuel. En tant qu’expression naturelle de la Compassion infinie[10] et comme partie intégrante du Plan divin[11] , de telles Incarnations sont les révélations périodiques de l’Amour et la Vérité de Dieu – la même Réalité unique[12] – sur terre. Selon Meher Baba, ces apparitions avatariques ont lieu sans faille, approximativement chaque 700 ou[13] 1400 ans, en fonction du contexte mondial et des besoins spirituels de l’époque.

« Je fus Rama, je fus Krishna, et je fus Celui-ci et Celui-là. Maintenant, je suis Meher Baba, exactement le même Ancien en chair et en os, exactement le même Unique qui est éternellement adoré et négligé, qu’on se rappelle et qu’on oublie toujours. »

« Je suis l’Ancien Éternel dont le passé est adoré et commémoré ; dont le présent est ignoré et oublié ; et dont le futur (Avènement) est toujours anticipé avec grande ferveur et immense désir. »

Sous cet éclairage, toutes les grandes Personnalités Divines, dont Jésus, le Bouddha, Rama, Krishna, Mahomet et Zoroastre font partie des plus connues, sont considérées également comme Avatars ; chacun d’entre eux avec été la Manifestation primordiale de Dieu sur terre pour son époque respective, menant une vie parfaite d’amour et de service pour démontrer de nouveau la possibilité de son accomplissement. Bien que les religions fondés sur ces apparitions avatariques puissent beaucoup différer dans leur manière de se situer aujourd’hui, Meher Baba soutient qu’à chaque incarnation le Dieu-Homme a toujours enseigné la même Vérité essentielle :

« Dieu est venu encore et toujours sous différentes formes, a prononcé encore et toujours des paroles différentes dans des langues différentes, la même Vérité Unique…. La vie extérieure et les habitudes d’un Avatar sont le reflet, à un certain degré, des habitudes et des coutumes des gens de son époque, et dans ses enseignements il pointe sur les aspects qui demandent d’être améliorés. En essence, chaque Avatar incarne les mêmes idéaux de la vie. »

Le message de Meher Baba et son appel s’étend aux personnes de tout milieu. Ses disciples comprennent des protestants, des catholiques et des juifs en Occident ; des hindous, des musulmans, des zoroastriens et des bouddhistes en Orient ; et même un certain nombre d’entre eux qui se sont considérés comme agnostiques ou athées. En somme, Baba et ce qu’il enseigne sont tous deux universels. Bien qu’il puisse certainement être compris dans le contexte de chaque large tradition religieuse, il est cependant absolument clair quand il pointe qu’il n’appartient exclusivement à aucune d’entre elle :

[Photo 2]

Meherabad, 1925

« Toutes les religions sont égales à mes yeux. Et toutes les castes et les croyances me sont chères. Mais bien que j’apprécie toutes les « ismes », les religions et les partis politiques pour toutes les bonnes choses qu’ils tentent de réaliser, je n’appartiens pas et ne peux appartenir à aucun de ces « ismes », religions ou partis politiques, car la Vérité Absolue, qui les comprend tous également, les transcende tous et ne laisse aucune place pour les divisions séparatives qui sont toutes également fausses.

« Je ne suis pas venu pour établir aucune secte, société ou organisation, ni même établir une nouvelle religion. La religion que donnerai enseigne la connaissance de l’Unique dernière le multiple. Le livre que je ferai lire aux gens est le livre de la vie qui tient la clé du mystère de la vie. Je créerai un mélange harmonieux de l’esprit et du cœur. Je revitaliserai toutes les religions et les sectes, et les rassemblerai comme les perles d’un même fil. »

« Je suis accessible de la même manière au saint que j’adore

Et au pécheur pour qui je suis venu,

Et également par le soufisme, le védantisme, le christianisme,

Ou par le zoroastrisme et le bouddhisme, et par tout « isme » de n’importe quelle sorte,

Et aussi par l’intermédiaire d’aucun « isme » du tout…

Meher Baba est venu d’une famille zoroastrienne, ses parents ayant émigré de Perse en Inde auparavant. Il est né dans la ville de Poona (appelée plus tard « Pune »), un joli centre culturel et éducatif situé en hauteur dans l’Inde centrale, à environ deux cents kilomètres à l’est de Bombay (appelée plus tard « Mumbai »). Sa mère avait fait deux rêves inhabituels autour de sa naissance, le premier où des milliers de personnes de toute race passaient devant elle, attendant la naissance de son fils avec une grande excitation et un profond désir ; et un autre rêve avec de nombreuses femmes indiennes vêtues d’un sari qui l’entouraient et adoraient son enfant nouvellement né. À sa naissance, le 25 février 1894, il reçut le nom de Merwan Sheriar Irani, le nom de famille indiquant l’origine iranienne de celle-ci.

Les jeunes années de Merwan ne sortaient pas de l’ordinaire à bien des égards, cependant tous remarquaient que quelque chose de tout à fait intangible le rendait unique. Intéressé par la poésie et la littérature, depuis Shakespeare jusqu’au Maître parfait persan Hafiz, et très sportif, il était un enfant qui brillait d’un caractère inhabituel et d’un charme rare. Le jeune Merwan, après avoir fréquenté un lycée catholique, entra au Deccan College, l’université la plus renommée de l’Inde occidentale. C’était durant sa deuxième année à l’université, à l’âge de dix-neuf ans, que Merwan fit l’expérience qui lui révéla sa Divinité et débuta sa mission spirituelle dans le monde en tant qu’Avatar de l’époque.

Le dévoilement de la Divinité de Merwan se produisit par un baiser sur le front d’une femme très âgée, Hazrat Babajan, qui vivait à Poona et qui était largement révérée et considérée comme entièrement éclairée. Ce Sadgourou (« Maître parfait ») aux cheveux blancs, dont on disait à l’époque qu’elle avait 120 ans, était un véritable sanctuaire vivant dans la ville. Originaire du Baloutchistan, Babajan était venue à Poona plus de vingt ans plus tôt, pour finir par choisir de s’installer sous un margousier le long de la route. Elle y vécut jour et nuit, quel que soit le temps qu’il faisait, recevant des milliers et des milliers de pèlerins, de chercheurs spirituels ainsi que des gens ordinaires qui venaient de chaque recoin de l’Inde pour s’asseoir à ses côtés et recevoir sa bénédiction.

Un soir, tandis que Merwan revenait chez lui à bicyclette depuis l’université, Babajan lui fit signe d’approcher. Il descendit de son vélo et vint s’asseoir auprès d’elle en silence. À la fin de leur rencontre, l’ancien Maître parfait embrassa Merwan sur le front, et il se leva et retourna immédiatement à la maison. De nombreuses années plus tard, Meher Baba a décrit ce moment ainsi : « Avec juste un baiser sur le front, entre les sourcils, Babajan m’a fait faire l’expérience de ravissements d’extase indescriptible qui ont continué pendant neuf mois. Puis une nuit elle m’a fait réaliser instantanément la béatitude infinie de la Réalisation de Soi (Réalisation de Dieu). »

« I am the Ancient One. When I say I am God it is not because I have thought about it and concluded that I am God – I know it to be so. Many consider it blasphemy for one to say he is God; but in truth it would be blasphemous for me to say I am not God. » The Ev & the No ch 29 p 48 DEMANDER FRANÇOISE

À de nombreuses occasions, quand Merwan rendait visite à Babajan durant les mois qui suivirent, elle le pointait du doigt en disant, « Cet enfant de moi, un jour, ébranlera le monde. »

[Cul-de-lampe Mastery in Servitude]

À chaque fois que Dieu vient comme Avatar, Il « voile » sa Conscience Infinie dans une « descente » déterminée dans une forme humaine et préparée pour Son Travail. Les cinq Maîtres Parfaits du moment ont la responsabilité d’effectuer la « Descente de Dieu » (c’est-à-dire la Réalité) dans l’Illusion à travers sa forme humaine ; et de même, ils ont la responsabilité de Le « dévoiler » à sa Conscience Infinie quand le temps est venu de commencer Son ministère sur terre.

Sur une période de presque sept ans suivant le baiser historique de Babajan, Merwan a été suscité à entrer en contact avec quatre autres Maîtres en Inde qui, comme Babajan, avaient été reconnus comme spirituellement parfaits. Deux parmi les plus connus de ces Maîtres Parfaits étaient le vénérable et âgé Sai Baba de Shirdi, révéré comme saint musulman, et Upasni Maharaj, un hindou de naissance. À des moments différents dans ces premières années, ces deux Sadgourous de l’Époque reconnurent publiquement Merwan comme l’Avatar et envoyèrent certains de leurs propres disciples pour être avec lui.

« Ce que je suis, ce que je fus et ce que je serai en tant qu’Ancien est toujours dû aux cinq Maîtres Parfaits de l’Époque. Durant ces périodes avatariques, les cinq Maîtres Parfaits font Dieu s’incarner en homme.

« Sai Baba, Upasni Maharaj, Babajan, Tajuddin Baba et Narayan Maharaj sont les cinq Maîtres Parfaits de cette Époque pour moi. Parmi les cinq, Upasni Maharaj et Babajan on directement joué les rôles principaux. Babajan, en moins d’un millionième de seconde, m’a fait réaliser mon État Originel, que je suis Dieu, et Upasni Maharaj m’a donné, sur une période de sept années, la connaissance que je suis l’Avatar, l’Ancien. C’est-à-dire qu’il m’a établi dans cet État.

[Photo 3]

Colline de Meherabad, 1927

« Sai Baba m’a fait m’affirmer ce que je suis.

Babajan m’a fait sentir ce que je suis.

Upasni Maharaj m’a fait savoir ce que je suis.

« Babajan m’a donné la Béatitude Divine.

Sai Baba m’a donné la Puissance Divine.

Upasni Maharaj m’a donné la Connaissance Divine.

« Je suis Puissance, Connaissance et béatitude infinies. Je suis l’Ancien, venu pour racheter le monde moderne. »

Durant les sept années qui ont suivi le baiser de Babajan, Merwan vint à être connu lui-même comme un Sadgourou, c’est-à-dire Réalisé en Dieu. Un certain nombre de ceux qui firent la connaissance de Merwan à cette époque se sentirent peu à peu attirés à lui et commencèrent à le considérer comme leur Maître, qu’ils fussent hindous, musulmans ou zoroastriens, qu’ils fussent chercheurs de Dieu ou des personnes sans inclination apparente envers la spiritualité. Ce furent ces fidèles et disciples du début qui commencèrent en premier à se référer à Merwan en tant que « Meher Baba », car pour eux, son nom d’enfant ne semblait plus adéquat pour Celui qui était leur Soleil qui faisait fondre leur cœur et leur Seigneur le plus aimant et compatissant.

En 1922, Meher Baba quitta Poona pour Bombay avec un groupe de fidèles dévoués. Il y établit un ashram unique en son genre, qui fut appelé Manzil-e-Meem, « la Maison du Maître », où ces disciples de première heure furent initiés à une période de stricte discipline et d’apprentissage rigoureux. Baba lui-même était absorbé nuit et jour dans une activité spirituelle intense et souffrit de manière terrifiante pendant cette période, alors qu’il commençait à développer le « Cercle » de disciples qui allaient l’aider en servant dans son travail plus général pour l’humanité et pour toute la Création elle-même.

« Je dois souffrir pour l’univers entier. Tant que je ne souffre pas pour l’univers, comment puis-je vous demander à tous de souffrir pour les autres ? »

« Je suis en chacun et en tout, et j’effectue mon Travail pour l’éveil spirituel de toute l’humanité. »

Au bout de moins d’un an, Baba déplaça son ashram depuis Bombay aux abords d’un village désolé près d’Ahmednagar, éloigné de 200 km environ dans le cœur du plateau du Deccan. À cet endroit, il créa « Meherabad », site qui allait servir de quartier général pour son travail pour le prochain quart de siècle. Avec le développement de ce nouveau centre d’activité, Baba imposa un rythme encore plus soutenu à ceux qui le suivaient. Il entreprenait périodiquement des périples à pied et des voyages en train qui couvraient d’énormes distances, d’un bout à l’autre de l’État du Maharashtra, dont faisait partie Ahmednagar, à travers l’Inde de l’ouest jusqu’à Karachi, Quetta (qui appartiendront plus tard au Pakistan), et finalement la Perse. Baba demeurait toujours incognito durant ces voyages, et ordonnait souvent à ses hommes de rassembler les pauvres ou les lépreux, ou les deux, qui se trouvaient dans les villages et les lieux qu’il visitait, et de ses propres mains, il les lavait, les nourrissait et leur donnait des vêtements. En général, il distribuait des vêtements ou des céréales, et parfois de l’argent, à chacune des personnes dans le besoin qui étaient rassemblées pour ces occasions, lesquelles étaient les seules et uniques circonstances où Meher Baba manipulait de l’argent.

Qu’ils fussent occupés à une tâche manuelle pénible dans leur travail à Meherabad, ou qu’ils accompagnassent leur Maître dans ses voyages, les disciples de Baba trouvaient que ce dernier exigeait d’eux toujours plus, concernant leur endurance et leur empressement à servir. De nombreuses fois, après une journée épuisante qui avait débuté avant l’aube et s’était achevée après minuit, il réveillait ses hommes au bout d’à peine deux heures de sommeil pour leur indiquer qu’il était l’heure de se préparer à partir pour la prochaine destination. De longs voyages à pied, peu de sommeil, des repas sommaires et irréguliers : durant certaines périodes, c’était le prix ordinaire que payaient les proches de Baba.

Cependant, aucun d’entre eux ne fit autant d’efforts, aucun d’entre eux ne souffrit autant que Baba lui-même. C’était lui qui donnait le rythme, qui non seulement dirigeait le travail mais qui y menait ses disciples, en jeûnant souvent pendant des semaines entières, tout en souffrant fréquemment de maladies étranges qui, selon lui, résultait uniquement de son travail spirituel interne avec les membres de son Cercle. Le large éventail d’activités que Baba préparait semblait toujours conçu pour porter des fruits dans plusieurs directions en même temps, non seulement il a apporta de l’aide, du soulagement et la touche d’amour à des milliers de personnes, mais il a aussi formé ses mandali, ainsi que Baba nommait ses disciples les plus proches résidant avec lui, à une vie de service toujours plus désintéressé. Tandis qu’ils vivaient avec lui et étaient les témoins du développement de son travail, les disciples de Meher Baba finirent par donner une description de sa vie, une sorte de slogan qui capturait l’essence pérenne de la vie du Dieu-Homme sur terre : « Maîtrise dans la servitude ».

[Cul-de-lampe Mastery in Servitude]

Il est naturel que l’une des questions les plus communément posées à propos de Meher Baba est le pourquoi de son silence. Lorsqu’il a entreprit son Silence, le soir du 10 juillet 1925, il déclara qu’il le faisait à cause de la lourdeur du travail spirituel qui l’attendait, indiquant une augmentation générale du chaos et des conflits dans le monde. Durant les années qui suivirent, Baba donna beaucoup d’indications supplémentaires et d’explications sur la signification de son Silence. À plusieurs reprises, il déclara mystérieusement que lorsqu’il romprait son Silence, il le fera en prononçant seulement « Un seul Mot ».

« Je suis venu pour semer la graine d’amour dans vos cœurs afin qu’en dépit de toute la diversité superficielle que votre vie dans l’Illusion doit expérimenter et endurer, le sentiment d’unité, à travers l’amour, surgisse parmi toutes les nations, les croyances, les sectes et les castes du monde.

« Afin de le faire apparaître, je me prépare à rompre mon Silence. Quand je vais rompre mon Silence, ce ne sera pas pour vous remplir les oreilles de conférences spirituelles. Je ne prononcerai qu’un Seul Mot, et ce Mot pénétrera les cœurs de tous les hommes et fera que même le pécheur sentira qu’il deviendra inévitablement un saint, tandis que le saint saura que Dieu est dans le pécheur autant qu’il est en lui-même. »

Meher Baba a indiqué que lorsqu’il « prononcerait ce Mot » et ce Mot serait en fait la libération d’une immense énergie spirituelle et d’un amour irrésistible, et que toutes les personnes et les créatures en bénéficieront : « … parce que toutes les formes et les mots proviennent de ce Son Primal ou Mot Originel et sont liés en permanence avec lui et prennent vie de lui, quand Il sera prononcé par moi, Il retentira dans toutes les personnes et les créatures, et tous sauront que j’aurai rompu mon Silence et aurai prononcé ce Son ou Mot. »

[Photo 4]

New York, mai 1932

« La force efficace de son Mot chez les individus et leur réaction se fera conformément à la magnitude et la réceptivité de chaque esprit individuel. »

« La rupture de mon Silence créera un bouleversement spirituel, et chacun le sentira dans son cœur. »

Meher Baba affirma à plusieurs reprises qu’il ne parlerait que lorsque la rupture de son Silence aurait un impact le plus universel. Son travail, dit-il, « peut être comparé à la récolte et l’arrangement dans un tas universel des ordures de l’ignorance de l’homme dans l’Illusion, qui l’empêtrent dans le faux et l’empêchent de réaliser son identité véritable. » Il n’a cessé d’insister sur le fait que la question de quand il prononcerait le Mot dépendrait entièrement du moment idoine selon son propre point de vue, et pour cela il attendrait le moment le plus opportun pour que la rupture de son Silence obtienne l’effet recherché. Baba indiqua qu’un tel moment coïnciderait avec un point où la guerre et la destruction seraient à leur summum dans le monde entier, et l’humanité la plus désespérée dans son besoin que soit relâchée cette « vague de Vérité ».

Meher Baba a aussi continûment indiqué qu’un moment étrange et difficile précéderait l’expérience par l’humanité du bris de son Silence. Il fit allusion à une période d’« humiliation » qui précéderait sa « Manifestation », dans laquelle la foi et l’amour de ses disciples serait sévèrement testée et quand même ses mots semblerait parler contre lui. Il a insisté maintes et maintes fois que sa Manifestation comme Avatar de l’époque serait liée au bris universel de son Silence, et que ce temps ne viendrait pas avant la culmination du chaos, de la confusion et des conflits dans le monde.

[Photo 5]

Mahabaleshwar, octobre 1950

« Quand je dis que ma Manifestion est liée à la rupture de mon Silence, personne ne doit s’attendre à un flot de paroles bavardes. Je prononcerai LE MOT DES MOTS qui accordera irrésistiblement à ceux qui sont prêts l’état de « Je-suis-Dieu »… Le Mot que je prononcerai ira vers le monde comme provenant de Dieu, pas d’un philosophe : il ira droit à son cœur. »

À un certain point, Baba a même précisé que la préparation du bris de son Silence pourrait le mener à abandonner son corps physique.

[Cul-de-lampe Mastery in Servitude]

Meher Baba, malgré son silence, a clairement beaucoup communiqué. Ses moyens de communication ont varié au long des années, mais pour la plus grande partie d’entre elles, ils s’articulaient autour de l’utilisation d’un tableau alphabétique et de gestes. La majorité des messages et discours de Baba, sur tous les sujets depuis l’amour pour Dieu aux divers états de conscience et aux étapes du chemin spirituel, ont été dictés avant tout au moyen d’un tableau alphabétique, lettre par lettre. En 1954, toutefois, Baba abandonna même l’utilisation du tableau alphabétique, et à partir de ce moment-là, il ne se basa plus que sur un langage unique et personnel de gestes pour toute communication verbale.

Malgré ses voyages nombreux et lointains durant sa vie et sa venue en Occident à treize reprises, Meher Baba ne commença à être plus largement connu dans le monde occidental en général qu’après s’être exprimé de manière explicite sur la question de la recherche de l’expansion de la conscience par les drogues. Peu après le premier essor du mouvement psychédélique au milieu des années 1960, un certain nombre d’Américains s’enquirent à Baba sur la validité de l’expérimentation des drogues, depuis la marijuana jusqu’à toutes les sortes de substances favorisant prétendument l’expansion de la conscience. Les déclarations qu’il fit en réponse furent sans aucun détour :

« Si Dieu peut être trouvé par l’intermédiaire de n’importe quelle drogue, Dieu n’est pas digne d’être Dieu… Aucune drogue, quelle que soit la promesse qu’elle fait, ne peut aider quiconque à atteindre le but spirituel. Il n’existe pas de raccourci qui mène au but, sauf par la grâce du Maître Parfait, et les drogues, et le LSD plus que les autres, ne donne que l’apparence d’une « expérience spirituelle », un aperçu fugace d’une fausse réalité… L’expérience est aussi éloignée de la Réalité qu’un mirage l’est de l’eau. La personne aura beau s’acharner à poursuivre le mirage, elle n’atteindra jamais l’eau et la recherche de Dieu par l’intermédiaire des drogues se finit nécessairement dans la désillusion.

En ce qui concerne les religions organisées, avec leurs rituels et cérémonies usés par le temps, Baba les compare à la balle qui entoure le grain, la coque qui cache le noyau de la vraie spiritualité. « Quand l’esprit s’exprime sous la forme de rites superficiels et de cérémonies rigides, ce n’est rien de plus que l’écho dans le vide de l’habitude d’innombrables générations, accompli automatiquement sans « cœur ». En réalité, selon Baba, Dieu ne répond qu’à l’amour. « Il n’écoute pas le langage de l’esprit et la routine de ses méditations, concentrations et pensées à propos de Dieu. Il écoute le langage du cœur et son message d’amour qui n’a besoin d’aucune cérémonie ni de spectacle… »

« L’amour est essentiellement contagieux : ceux qui ont l’amour le transmettent à ceux qui ne l’ont pas… Rites, rituels, cérémonies, adorations, méditation, pénitences, et recueillements, en quelle quantité que ce soit, ne peuvent produire en eux-mêmes l’amour. Aucun d’eux n’est à coup sûr un signe d’amour. Au contraire, ceux qui soupirent bruyamment, pleurent et gémissent, ont encore à faire l’expérience de l’amour. L’amour enflamme celui qui le trouve. En même temps il lui scelle les lèvres, afin qu’aucune fumée ne s’en échappe. »

En conséquence, Meher Baba n’a donné aucun rituel ou cérémonie, aucun régime alimentaire ou exercice, aucune forme fixe de méditation ou de pratique spirituelle à ses disciples. Il n’y a pas d’« église », pas d’enseignants désignés ni de hiérarchie. Il n’y a pas de cotisation. La vraie spiritualité, aux yeux de Baba, n’est pas une question de membre actif mais plutôt l’affaire du cœur, une question de degré auquel une personne mène une vie honnête et pleine d’amour. Pour Baba, l’athée déclaré qui accomplit fidèlement sa tâche dans le monde est bien plus béni que l’homme qui, tout en se proclamant dévotement religieux, fuit ses responsabilités quotidiennes pratiques. Le plus grand péché, dit-il, est l’hypocrisie.

« La religion, comme l’adoration, doit provenir du cœur.

« La véritable religion consiste à développer l’attitude d’esprit qui finira par résulter en la vision de l’Unique Existence Infinie prévalant dans l’univers ;

Quand on pourra vivre dans le monde et pourtant ne pas en être, et se trouver en même temps en harmonie avec tous et tout ;

quand on pourra voir la même divinité dans l’art et la science et expérimenter la conscience la plus élevée et la béatitude indivisible dans la vie quotidienne. »

« Suivez n’importe quelle religion de votre choix, mais suivez son noyau le plus profond. »

« Ma religion personnelle est mon existence en que l’Ancien, l’Infini, et la religion que confère à tous est l’amour pour Dieu. »

[Cul-de-lampe Mastery in Servitude]

[Photo 6]

Washington DC, 1956

Depuis la fin des années 1920 jusqu’à la fin de sa vie sur terre, Meher Baba est passé d’une phase unique d’activité à une autre. La majeure partie des années 1930 consistait en une période de voyages à travers le monde. Durant ces années Baba voyagea fréquemment en Angleterre, en Europe et en Amérique, établissant un contact avec son premier groupe de proches disciples Occidentaux, tout en travaillant en général à susciter les personnes du monde entier à chercher l’expérience de leur propre Réalité Infinie.

« Le monde a besoin d’éveil, et non de plus d’instructions verbales. »

« Mon seul bonheur consiste à faire comprendre aux gens, pas par le cerveau (mind) mais par l’expérience, que Dieu seul est le Bien-Aimé pour Qui nous existons. »

Vers la fin des années trente et pour quasiment l’entière décennie suivante, Baba tourna presque exclusivement son attention à son travail avec les masts, des âmes spirituellement avancées qui sont tellement ivres de leurs expériences intérieures de Dieu qu’ils en paraissent fous. Malgré leur apparence et leur comportement extérieur souvent inhabituel, cependant, Baba décrivait de tels individus comme de vrais amants de Dieu, et il travailla péniblement avec certains de ses disciples pour en contacter des centaines, principalement à travers l’Inde et ses régions environnantes. Il donna ainsi à chacun d’entre eux un « coup de fouet » spirituel tout en coordonnant leurs énergies pour son propre travail avec l’humanité, « comme de très nombreux relais du générateur électrique principal ».

Puis suivit sa « Vie Nouvelle », qui débuta le 16 octobre 1949, ces trois années qui furent les plus énigmatiques à de nombreux aspects du travail de Meher Baba. Pour ce qui fut un départ radical, non seulement de sa vie d’avant, mais aussi des routines habituelles de n’importe quel maître spirituel établi, Baba et vingt disciples-compagnons triés sur le volet partirent mener une vie de complet « absence d’aide, absence d’espoir et absence de but ». Tout, Baba compris, avaient abandonné toute propriété et n’avaient plus que des vêtements et des possessions les plus simples et voyageaient à travers l’Inde dans l’incognito le plus complet, sans argent, mendiant leur nourriture, effectuant les instructions de Baba malgré souvent un terrible effort physique et un épuisement total, vivant en stricte conformité avec les « conditions de la Vie Nouvelle » que Baba avait fixées. À la fin de cette période, Baba déclara qu’il avait accompli le travail de la Vie Nouvelle à son extrême satisfaction, et à travers elle ses disciples abordèrent un mode de vie plus exigeant qu’ils n’auraient pu jamais l’imaginer, mais en même temps, plus libre.

« Cette Vie Nouvelle est sans fin, et même après ma mort physique, elle sera maintenue vivante par ceux qui vivent une vie de renoncement complet de la fausseté, des mensonges, de la haine, de la colère, de la convoitise et des appétits sexuels ; et qui, tout en accomplissant tout cela, ne commettent pas d’actions lascives, ne causent du tort à quiconque, ne médisent pas, ne recherchent pas de possessions ou de pouvoir matériel, n’acceptent aucun hommage, ne convoitent pas les honneurs ni n’évitent la disgrâce, et ne craignent rien ni personne ; par ceux qui s’en remettent totalement et uniquement à Dieu, qui aiment Dieu uniquement dans l’intention de l’aimer ; qui croient dans les amants de Dieu et dans la réalité de la Manifestation, et qui cependant n’attendent aucune récompense matérielle ou spirituelle ; qui ne lâchent pas la main de la Vérité, et qui, sans être perturbés par les calamités, font face avec courage et de tout leur cœur à toutes les difficultés avec une gaieté à cent pour cent, et qui n’accordent aucune importance aux castes, aux croyances et aux cérémonies religieuses.

« Cette Vie nouvelle vivra d’elle-même éternellement, même s’il n’y a personne pour la vivre. »

Baba mena la phase d’« errance » de la Vie Nouvelle à sa fin en 1952, quand il utilisa à nouveau sa résidence à « Meherazad », un lieu isolé à une quinzaine de kilomètres d’Ahmednagar. Attenant à une « Seclusion Hill » [colline de la Réclusion N.d.T], où Baba menait à bien régulièrement certains aspects de ce auquel il faisait référence en tant que « travail de réclusion », travail entrepris durant une période de stricte isolation du monde extérieur, Meherazad avait été fondé par Baba et quelques hommes et femmes disciples résidents avant la Vie Nouvelle, et allait lui servir de maison pour le reste de sa vie sur terre. Selon ses consignes de longue date, Meherabad, la petite implantation à vingt-cinq kilomètres de là qui étaient ses quartiers généraux précédents, allaient devenir plus tard le site du Samadhi de Meher Baba, autrement dit, sa « Tombe-Sanctuaire » ou dernière demeure.

À peine avait-il achevé son travail final de réclusion de la Nouvelle Vie que Baba entama une fois de plus une période de grands voyages autour du monde ainsi qu’en Inde. En avril 1952, eu lieu le premier de trois nouveaux voyages en Occident, et le mois suivant, alors qu’il traversait les États-Unis avec certains de ses disciples, Baba fut gravement blessé dans un accident de voiture. L’accident se produisit près de Prague en Oklahoma, à proximité du centre du pays, et cela réalisa tristement ses déclarations énigmatiques précédentes à propos d’une « catastrophe personnelle » imminente qui lui arriverait. Il ajouta plus tard qu’il avait été divinement ordonné qu’il dût « verser son sang » en Amérique.

Un second accident de voiture tout aussi grave eut lieu en Inde environ quatre ans et demi plus tard, en décembre 1956, alors que Baba allait de Poona à Satara, à l’endroit exact où il avait emmené plus tôt ses hommes mandali à un match de cricket d’une journée (Baba avait joué dans les deux camps l’un après l’autre, amenant le match à un nul). Dans l’accident en Amérique, en plus de nombreuses blessures, la jambe gauche de Baba avait été brisée ; et dans l’accident suivant en Inde, l’articulation de la hanche droite fut brisée. Cependant les effets terribles de ces accidents, et la souffrance que Baba endura en complet silence à cause d’eux, semblèrent simplement intensifier la puissance de son amour et souligner son autorité divine. Meher Baba dicta les mots suivants à ses proches qui étaient avec lui à ce moment-là : « Baba a eu ses os physiques brisés afin de briser la colonne vertébrale de l’aspect matériel de l’ère de la machine (Kali Yuga), tout en gardant intact son aspect spirituel. »

[Cul-de-lampe Mastery in Servitude]

Avant son second accident de voiture, dans un village extrêmement isolé près de Hamirpur dans l’Inde intérieure, en février 1954, Meher Baba avait finalement confirmé le secret de polichinelle de sa divinité, et tout au long de la période ponctuée par ses accidents, des dizaines de milliers de personnes furent attirés à lui comme par un aimant. Finalement, la multitude de ses « amants », terme que Baba employait pour ses fidèles, savait ce que ses proches avaient réalisé depuis le début : que le seigneur de leurs cœurs était en vérité le Seigneur de l’Univers, et non un saint ou un mahatma, ni un pir ou un yogi ni un « ami de Dieu » ou même un Sadgourou ou Qutub, mais véritablement Dieu lui-même sous forme humaine. L’appel « Avatar Meher Baba ki Jai » (« Salutations (ou victoire) à l’Avatar Meher Baba ») se répandit véritablement comme un feu de brousse dans toutes les parties de l’Inde où il voyageait et plus de cent mille personnes venaient le voir en une journée pour les occasions où il donnait son darshan (c’est-à-dire l’opportunité d’être en sa présence).

« Le vrai Messie peut susciter les idéaux les plus élevés chez les hommes et toucher le cœur de millions d’entre eux. »

« Je veux que vous fassiez de moi votre compagnon de tous les instants (Collins) (votre compagnon permanent). Pensez plus à moi que vous pensez à votre propre moi. Plus vous penserez à moi, plus vous vous rendrez compte de mon amour pour vous. Votre devoir consiste à me garder à chaque instant avec vous à travers vos pensées, vos paroles et vos actions. »

« Inscrivez ces mots dans votre cœur : rien n’est réel sauf Dieu, rien ne compte sauf l’amour pour Dieu. »

« Seuls ceux qui mènent la vie d’amour, d’honnêteté et de sacrifice de soi peuvent me connaître comme l’Ancien. »

[Photo 7]

Ahmednagar, septembre 1954

« Votre amour pour vous-mêmes me voile ; votre amour pour moi me dévoile. »

« Si vous avez pour Moi l’amour que Saint François avait pour Jésus, alors non seulement vous me réaliserez, mais vous me plairez. »

« Abandonnez-vous au Dieu-Homme, en qui Dieu se révèle Soi-même dans sa pleine Gloire. »

En Occident aussi, ce fut un moment particulier, car en anticipation de ses voyages durant les années cinquante en Amérique et en en Australie, les disciples de Meher Baba établirent des centres dans ces deux pays : à Myrtle Beach, en Caroline du Sud, et près de Woombye dans le Queensland. Baba déclara que ces lieux deviendraient un jour des sites de pèlerinage à échelle mondiale, aux côtés de Meherabad, en Inde, où se trouverait son Samadhi. En outre, en 1955, fut publié God Speaks*, le livre exhaustif de Baba sur les états de Dieu, les plans de conscience et les étapes du chemin spirituel, et Baba délivra également plusieurs messages durant cette époque : « Le plus Haut des hauts », « L’appel de Meher Baba » et « La déclaration finale », qui contenaient des affirmations définitives concernant son état d’Avatar tout comme l’évolution des événements à venir pour l’humanité en général.

« Consciemment ou inconsciemment, directement ou indirectement, chacune des créatures, chacun des êtres humains, sous une forme ou une autre, s’évertue à affirmer l’individualité. Mais quand, en fin de compte, l’homme a consciemment l’expérience qu’il est Infini, Éternel et Indivisible, alors il est pleinement conscient de son individualité en tant que Dieu, et il fait ainsi l’expérience de la Connaissance Infinie, de la Puissance Infinie et de la Félicité infinie. Ainsi l’Homme devient Dieu et on le reconnaît comme Maître Parfait, Sadgourou ou Qutub. Adorer cet Homme, c’est adorer Dieu.

« Quand Dieu se manifeste sur terre sous la forme d’un homme et révèle sa Divinité à l’humanité, on le reconnaît comme l’Avatar, le Messie, le Prophète. Ainsi Dieu devient Homme.

« L’Avatar est toujours un et le même parce que Dieu est toujours un et le même. Cet Avatar, éternellement un et le même, Se manifeste à nouveau de temps à autre, et dans des cycles différents. Il adopte des formes différentes et des noms différents, et apparaît à des endroits différents pour révéler la vérité sous des aspects différents et dans des langues différentes. Il fait tout cela pour sortir l’humanité de son ignorance et l’aider à se libérer des liens de l’illusion.

« Parmi les manifestations de Dieu les plus connues et les plus révérées en tant qu’Avatar, la première est celle de Zarathoustra. Il vint avant Rama, Krishna, Bouddha, Jésus, et Mahomet. Il y a des milliers d’années, il révéla au monde la nature de la vérité, sous forme de trois préceptes fondamentaux : bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions. L’Avatar de l’époque développe constamment ces préceptes pour l’humanité d’une façon ou d’une autre et l’amène ainsi peu à peu à la vérité. Mettre en pratique ces préceptes n’est pas si facile qu’il semble, mais n’est cependant pas impossible. Encore qu’accorder sa vie à eux est aussi infiniment difficile que de s’essayer à une mort vivante au sein même de la vie. »

——–[couillard]——-

« D’âge en âge, quand la flamme de la rectitude vacille, l’Avatar revient pour ranimer la torche de l’amour et de la vérité. D’âge en âge, au milieu du bruit et de la fureur de la guerre, de la peur et du chaos, l’Avatar ne cesse de clamer :

« VENEZ TOUS À MOI. »

« Et même si la chape de l’illusion fait que cet appel de l’Éternel résonne comme une voix dans le désert, l’écho en subsiste à travers le temps et l’espace et va réveiller de leur lourd sommeil d’ignorance quelques-uns d’abord, puis des millions et des millions. Au cœur de l’illusion, Voix derrière toutes les voix, elle appelle l’humanité à témoigner de la présence de Dieu parmi les hommes.

« Le temps est venu. Je vous le répète, venez tous à moi. »

Avec sa « Déclaration finale », un message qui évoque explicitement l’abandon de son corps, Meher Baba provoqua des protestations exprimant une profonde inquiétude parmi nombre de ses fidèles. En réponse aux nombreuses lettres et télégrammes qui affluèrent pour lui demander la signification de ses déclarations concernant sa mort physique, Baba envoya une circulaire de réassurance.

« II n’y a vraiment aucune raison de s’inquiéter pour quiconque d’entre vous. Baba était, Baba est, et Baba sera toujours « existant ». La coupure des relations extérieures ne signifie pas la fin des liens internes. […] C’est en obéissant à Baba qu’on peut établir des connexions internes. Je vous donne toute ma bénédiction pour que soient renforcés ces liens internes. » Baba répéta souvent à ses proches qu’à chaque Avènement, l’Avatar restait accessible comme s’il était physiquement présent durant un minimum de 100 ans (et un peu plus) à la suite de sa mort physique.

« Malgré les doutes ou les convictions des gens, je reviens comme Avatar à cause de l’amour infini que je ressens pour chacun et pour tous. Soumis au jugement de l’humanité ignorante, je reviens quand même pour aider l’homme à distinguer le vrai du faux. »

[Cul-de-lampe Mastery in Servitude]

Les quelques dernières années de la vie de Meher Baba représentent encore une autre phase de son Avènement. À part une poignée de rassemblements de masse avec ses fidèles et un tout petit nombre de rencontres individuelles avec des nouveaux venus, Baba passa ces années ensemble avec ses plus proches disciples résidents dans une relative réclusion. À l’opposé des années précédentes, il ne voyagea pratiquement pas du tout. Au lieu de cela, il passait des heures, chaque jour, sans être dérangé d’aucune manière, totalement plongé dans ce qu’il appelait son « Travail Universel ». Jour après jour, sur une période de plusieurs années, Baba continua son travail spirituel intérieur avec une régularité méthodique, offrant très peu d’explications sur son objet, sauf pour insister qu’il était d’une importance suprême pour toute l’humanité.

« Vous ne pouvez voir que ce que vous me voyez faire extérieurement, mais je travaille continuellement sur tous les plans de conscience en même temps. Alors que le temps de ma Manifestation s’approche, la pression de mon Travail est phénoménale. […] Personne n’a la moindre idée de l’immensité du Travail que je fais dans cette réclusion. La seule indication que je puisse donner, c’est que, comparé au Travail que je fais en réclusion, tout le travail important du monde mis bout à bout est totalement insignifiant. Bien que pour moi le fardeau de mon Travail est écrasant, le résultat de mon Travail sera ressenti intensément par tous dans le monde. »

Tandis que son travail de réclusion progressait, la santé de Baba se détériorait jour après jour. À la fin de 1968, ses proches disciples s’en inquiétèrent de plus en plus, et ils supplièrent Baba de ralentir le travail afin de moins négliger sa santé. “That would mean once again prolonging the date of its conclusion,” « Cela voudrait dire une fois de plus la prolongation de la date de sa conclusion », répondit-il. “If now I allow that to happen, it will indefinitely postpone the result and set it on a different course!” « Si je permets cela, cela repoussera indéfiniment le résultat et changera la direction de sa course ! »

« La vérité de Dieu ne peut être ignorée ; ainsi, à cause de l’ignorance et la faiblesse de l’humanité, une gigantesque réaction adverse se produit ; et le monde se trouve dans un cauchemar de souffrance à travers les guerres, la haine, le conflit des idéologies et la rébellion de la nature sous la forme d’inondations, de famines, de tremblements de terre et autres catastrophes. En fin de compte, quand l’apogée est atteinte, Dieu se manifeste à nouveau sous forme humaine pour guider l’humanité dans la destruction du mal qu’il s’est lui même créé, pour qu’il s’établir à nouveau dans la Vérité Divine. »

« Mon Silence et la rupture imminente de mon Silence sert à sauver l’humanité des forces monumentales de l’ignorance et remplir le Plan Divin d’unité universelle. La rupture de mon Silence révèlera à l’homme l’Unité Universelle de Dieu, qui produira la fraternité universelle de l’homme. Mon Silence était nécessaire. La rupture de mon Silence sera nécessaire, bientôt. »

Baba continua à travailler sans répit, et seuls ses proches mandalis observèrent l’inconcevable souffrance qui accompagnait son travail. Finalement, au grand soulagement de ses disciples, Baba annonça que son travail avait été terminé à cent pour cent de sa satisfaction et que les résultats de ce travail commenceraient à se manifester. À cette période, cependant, son état de santé était devenu extrêmement préoccupant ; Baba déclara d’un ton neutre que le fardeau considérable du travail de sa dernière grande réclusion avait effectivement « détruit » sa santé. Alors que ses proches le pressaient à se soumettre à des examens médicaux plus poussés, il refusa avec les mots suivants : « Mon état n’a absolument aucune raison médicale, il est dû uniquement à la charge de mon travail. »

Baba donna de nombreux indices voilés dans les semaines qui suivirent qu’il quitterait bientôt son corps. Bien qu’à plusieurs précédentes reprises le travail de Baba avait laissé d’importances séquelles sur sa santé, cette fois-ci, il déclara plus d’une fois : « Mon heure est venue ». Alors que ses disciples résidents devenaient de plus en plus inquiets et abattus par la détérioration de son état, Baba leur rappelait constamment de rester enjoués et de ne pas s’inquiéter. Juste après midi le 31 janvier 1969, après avoir blagué sur le nombre de médicaments qu’on lui donnait pour sa maladie déroutante, Meher Baba décéda.

« Je ne suis jamais né, je ne meurs jamais. Cependant, à chaque instant je passe par la naissance et par la mort. [...] Bien que je sois présent partout éternellement dans mon état infini sans forme, de temps à autre je prends forme, et la prise de cette forme et le départ de celle-ci est appelé ma naissance et ma mort physique. »

« Dans ce sens, je nais, et je meurs quand mon travail Universel est terminé. »

« Ne vivez pas dans l’ignorance. Ne perdez pas votre temps précieux à classer et juger votre prochain, mais apprenez à désirer ardemment l’amour de Dieu. Même au sein de vos activités terrestres ne vivez que pour trouver et réaliser votre véritable identité avec votre Dieu bien-aimé.

« Soyez purs et simples, et montrez votre amour pour tous, car tous sont Un. Menez une vie sans hypocrisie, soyez naturels et honnêtes avec vous-mêmes.

« L’honnêteté vous préservera de la fausse modestie et vous donnera la force de l’humilité vraie. N’épargnez aucune peine pour aider autrui. Ne cherchez d’autre récompense que le don du divin amour. Aspirez à ce don sincèrement et intensément, et je vous promets au nom de mon honnêteté divine, de vous donner beaucoup plus que ce à quoi vous aspirez.

« Je vous donne ma bénédiction pour que l’étincelle de mon amour divin implante dans vos cœurs le désir ardent et profond de l’amour de Dieu. »

“La fin de mon silence—signal de ma manifestation publique—n’est pas éloignée. J’apporte le plus grand trésor qu’il soit possible à l’homme de recevoir, un trésor qui inclut tous les autres trésors, qui durera à jamais, et qui augmente quand on le partage avec d’autres. Soyez prêts à le recevoir. »

« Quand le MOT de mon Amour sort de son silence et parle dans vos cœurs, vous disant qui je suis réellement, vous saurez que c’est le Mot Réel que vous avez toujours ardemment désiré d’entendre. »

« Je suis l’Aimé Divin qui vous aime plus que vous ne pourrez jamais vous aimer vous-même. »

[Couillard]

Le décès de Meher Baba marqua un chapitre final dans son Avènement (vérifier absence de faux sens avec yet). Avec la mort physique du Dieu-Homme, les connexions externes avec lui ne sont plus possible ; pas avant sept cents ans, comme Baba l’a souvent déclaré, jusqu’à ce que l’Avatar revienne.

Les connexions externes, cependant, ne sont pas l’objectif du travail du Dieu-Homme ; elles ne sont que le moyen par lequel il le met en branle. Il vient sur terre en tant qu’homme Parfait pour rafraîchir l’exemple des idéaux les plus élevés de la vie humaine, et pour éveiller à nouveau l’humanité à la possibilité de l’établissement de connexions internes avec Dieu, le Bien-Aimé dans chaque cœur.

À travers le Dieu-Homme, Dieu vient pour aimer, et servir, et souffrir, car dans son universalité illimitée, seul l’Avatar peut donner à la Création l’impulsion interne requise pour redresser sa course. De son vivant sur terre, il sème les graines de l’amour désintéressé là où elles vont inévitablement germer et s’épanouir, et il laisse derrière lui son message et son exemple ; en cette ère, une abondance d’informations sans précédent sur sa vie se place en témoignage profond et captivant de sa Réalité. Le plus important, c’est qu’il laisse derrière lui la promesse de sa présence éternelle en soi et la possibilité de s’approcher toujours plus près de lui et, en fin de compte, de le réaliser en se souvenant de lui avec amour et en suivant les lignes de conduite qu’il a laissées pour tous les chercheurs et amants de Dieu dans le monde entier.

[Cul-de-lampe Mastery in Servitude]

[Photo 8]

Guruprasad, Poona, 1965

« Je suis l’Aimé Divin qui vous aime plus que vous ne pourrez jamais vous aimer vous-même. »

[Photo 9 identique à 8, non légendée]

« Inscrivez ces mots dans votre cœur :

Rien n’est réel sauf Dieu.

Rien ne compte sauf l’amour pour Dieu. »

S’il se trouve qu’après avoir lu cette petite introduction à Meher Baba, vous trouvez que vous aimeriez en savoir plus à son propos, c’est justement le sujet précis de la deuxième partie de ce livre : elle vous fournira un échantillon de quelques discours et messages clés qui vous aideront à commencer à vous familiariser avec lui. Cependant, comme il a été dit dans l’avant-propos, ce petit volume n’est réellement qu’une simple « invitation » à rencontrer l’Avatar de l’Époque ; pour vraiment le rencontrer, vous devrez accepter l’invitation à faire sa connaissance et à aller jusqu’au bout de ce que cela implique.

Pour vraiment « rencontrer » Meher Baba, vous aurez besoin d’essayer de le trouver ; pas simplement trouver de l’information à son propos, mais le trouver tel qu’il est réellement. Jusqu’à un certain point, vous pouvez commencer par en lire plus sur lui : beaucoup, beaucoup plus a été écrit concernant Meher Baba, en plus des livres dont il a été lui-même l’auteur ; par le voir dans la diversité des photographies, vidéos et films qui ont capturé un moment précieux de son passage durant cet Avènement. L’Avatar a été extrêmement compatissant en cette Époque, laissant derrière lui une documentation sans précédent de sa vie et de son travail dans un liste toujours plus longue de centaines de livres, de milliers de photographies, et d’innombrables vidéos et DVD le montrant en action. Enfin déjà, à ce stade précoce de son Avènement, d’innombrables albums enregistrés, de cassettes et de CD contenant des chansons et de la musique célébrant le retour de l’Ancien ont été produits.

Tout ce matériel est facilement disponible par l’intermédiaire de librairies et de ressources en ligne, tout comme celle de différents groupes et centres autour du monde qui sont fidèles à l’Avatar Meher Baba. Un petit nombre de ces ressources sont listées à la fin de ce livre ; on peut trouver beaucoup, beaucoup plus d’informations par l’intermédiaire de ces contacts et en cherchant « Meher Baba » sur internet. On peut trouver plusieurs de ses livres en ligne sur le site internet de l’Avatar Meher Baba Trust, et on peut voir une biographie de Meher Baba en 20 volumes et plus de 6000 pages sur le site consacré à Lord Meher.

De nombreux groupes et centres autour du monde tiennent des réunions régulières, tout comme ils organisent différents événements qui peuvent être des conférences, des films et de la musique. Vous pouvez désirer assister à ce genre de réunions ou vous pouvez emprunter à votre manière la voie qui vous mènera à Meher Baba. Il n’y a pas d’autre préalable qu’un cœur ouvert, et il n’y a pas d’autre cotisation que le prix de la perte de votre moi limité. Bien que certains groupes puissent avoir un système d’adhérents et que certaines organisations et associations à but non lucratif aient nécessairement des administrateurs et des directeurs, il n’y a pas de bureaucratie en ce qui concerne l’approche et l’apprentissage sur Meher Baba ni pour le suivre. Comme il est le Bien-Aimé Éternel, il est directement accessible à chaque chercheur à travers le cœur, qu’il a décrit comme son véritable temple ; et pendant la centaine d’année qui suit l’abandon de son corps physique, il a déclaré qu’il restera « comme s’il était physiquement présent » ; un secret ouvert appartenant à l’Avènement de l’Avatar de l’Époque qui rend possible le développement d’une relation intime et personnelle avec le Dieu-Homme intérieurement sans aucune intercession ni intermédiaire.

Finalement, parce que l’amour motive une connaissance toujours et encore plus profonde du Bien-Aimé, si vous en venez à vous intéresser à Meher Baba, il est probable que vous désirerez visiter certains des endroits liés à sa vie et son travail. Il a établi trois lieux de pèlerinage durant sa vie, dont le plus important est à Meherabad, près d’Ahmednagar en Inde, où se trouve son Samadhi, ou « Tombe-Sanctuaire » ; l’organisation de la visite peut être effectuée par l’intermédiaire du site de l’Avatar Meher Baba Trust dont l’adresse est à la fin de ce livre. De même, des centres se sont développés à Myrtle Beach Center (Myrtle Beach, Caroline du Sud, États-unis) et à Avatar’s Abode (près de Brisbane en Australie) avec des possibilités de visite de durée variée ; vous pourrez trouver plus de détails sur ces endroits en visitant les sites web dédiés à ces centres.

En fin de compte, « et maintenant ? » est une question à laquelle seul votre cœur est capable de répondre. Avec cette introduction, vous avez reçu votre « invitation ». Maintenant, il vous reste à décider si vous acceptez du Dieu-Homme l’opportunité de faire sa connaissance et de finir par le trouver tel qu’il est vraiment – pas dans les livres, ni dans les églises et les temples mais en vous – le Seigneur d’Amour, le Bien-Aimé Divin qui est adoré par les amants de Dieu sous n’importe quelle Forme et qui est éternellement vivant en chaque cœur.

[Cul-de-lampe Mastery in Servitude]

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partie

Messages et discours choisis

de

l’Avatar Meher Baba

[Photo 10]

Guruprasad, Poona, 1957

« Vous et Moi ne sommes pas nous, mais Un. »

de Meher Baba

Je suis venu, non pour enseigner, mais pour éveiller. Comprenez donc que je n’établis aucun précepte.

De toute éternité j’ai édicté des principes et des préceptes, mais l’humanité les a ignorés. L’incapacité de l’homme à vivre les paroles de Dieu fait de l’enseignement de l’Avatar une caricature. Au lieu de pratiquer la compassion qu’il a enseignée, l’homme a mené des croisades en son nom. Au lieu de vivre l’humilité, la pureté et la vérité de ses paroles, l’homme a donné libre cours à la haine, la cupidité et la violence.

Parce que l’homme est resté sourd aux principes et aux préceptes édictés par Dieu dans le passé, dans cette forme avatarique actuelle, j’observe le Silence. Vous avez demandé et reçu assez de paroles : il est temps maintenant de les vivre. Pour vous rapprocher de plus en plus de Dieu, vous devez vous éloigner de plus en plus du « je », du « moi », du « mon », et du « mien ». Vous n’avez à renoncer à rien d’autre qu’à vous-même. C’est aussi simple que cela, et pourtant cela s’avère presque impossible. Par ma Grâce, il vous est possible de renoncer à votre moi limité. Je suis venu dispenser cette Grâce.

Je le répète, je n’établis aucun précepte. Quand je libérerai la vague de Vérité que je suis venu apporter, la vie quotidienne des hommes deviendra le précepte vivant. Les paroles que je n’ai pas prononcées prendront vie en eux.

Je reste caché à l’homme sous le voile de sa propre ignorance, et je manifeste ma Gloire à quelques-uns. Ma forme avatarique actuelle étant la dernière Incarnation de ce cycle de temps, ma Manifestation sera la plus importante. Quand je romprai mon Silence, l’impact de mon Amour sera universel et tout ce qui vit dans la création le connaîtra, le sentira et en bénéficiera. Il aidera chaque individu à se libérer de ses propres liens à sa façon. Je suis l’Aimé Divin qui vous aime plus que vous ne pourrez jamais vous aimer vous-même. La rupture de mon Silence vous aidera à vous aider vous-même à connaître votre Moi réel.

Toute cette confusion et tout ce chaos dans le monde étaient inévitables et personne n’est à blâmer. Ce qui devait arriver est arrivé et ce qui doit arriver arrivera. Il n’y a jamais eu et il n’y a pas d’autre issue qu’à travers ma venue parmi vous. Il fallait que je vienne, et je suis venu. Je suis l’Ancien.

Consciemment ou inconsciemment toute créature vivante est en quête de quelque chose. Sous les formes de vie les plus rudimentaires et chez les êtres humains les moins avancés, la recherche est inconsciente ; chez les êtres humains avancés, elle est consciente. Le but de cette recherche porte différents noms : le bonheur, la paix, la liberté, la vérité, l’amour, la perfection, la réalisation de soi, la réalisation de Dieu, l’union avec Dieu. Il s’agit en fait de la recherche de tous ces buts à la fois, mais vécue sous un angle particulier. Chacun connaît des moments de bonheur, des aperçus de la vérité, des expériences fugitives d’union avec Dieu, et souhaiterait les rendre permanents : établir une réalité durable au sein de changements constants.

Ceci est un désir naturel fondé sur le souvenir que l’âme a de son unité essentielle avec Dieu, et qui est plus ou moins clair suivant son degré d’évolution ; car chaque créature vivante est une manifestation partielle de Dieu que seule la méconnaissance de sa vraie nature conditionne. Toute l’évolution est en fait l’évolution de l’état divin inconscient vers l’état divin conscient, au cours de laquelle Dieu lui-même, essentiellement éternel et immuable, revêt une variété infinie de formes, goûte une variété infinie d’expériences, et transcende une variété infinie de limitations qu’il s’est lui-même imposées. Du point de vue du Créateur, l’évolution est un jeu divin, où celui que rien ne conditionne teste, dans toutes sortes de conditions, l’infinitude de sa connaissance, de sa puissance et de sa félicité absolues. Mais du point de vue de l’être créé, avec sa connaissance limitée, sa puissance limitée, et sa faculté limitée de connaître la félicité, l’évolution est une épopée où la lutte et le repos, la peine et la joie, la haine et l’amour alternent jusqu’à ce que, dans l’homme devenu parfait, Dieu équilibre les pôles opposés et que la dualité soit transcendée.

Alors l’être créé et le Créateur se reconnaissent comme ne faisant qu’un ; l’immuabilité est établie au sein des changements, l’éternité est vécue dans le temps. Dieu se sait Dieu, immuable dans Son essence, infini dans sa manifestation ; Il jouit sans cesse de la félicité suprême de la réalisation de Soi dans la conscience perpétuelle qu’il a de lui-même par lui-même. Cette Réalisation s’effectue obligatoirement dans la vie, car ce n’est que dans la vie que l’on peut faire l’expérience de la limitation, la transcender, et apprécier le fait d’en être libéré. Cette libération peut revêtir trois formes.

Au moment de la réalisation de Dieu, la plupart des âmes quittent le corps immédiatement, pour toujours, et se fondent pour l’éternité en l’aspect non manifesté de Dieu. Elles ne sont conscientes que de la félicité de l’Union. La création n’existe plus pour elles. La ronde constante des naissances et des morts a pris fin. On appelle ceci Moksha (Moukti ordinaire) ou Libération.

Certaines des âmes qui réalisent Dieu, conservent le corps un certain temps, mais leur conscience est complètement intégrée à l’aspect non manifesté de Dieu, et elles ne sont donc conscientes ni de leur corps, ni de la création. Ces âmes font l’expérience constante de la félicité, de la puissance, et de la connaissance infinie de Dieu, mais elles ne peuvent en faire un usage conscient dans la création, ni aider les autres à atteindre la Libération. Néanmoins, leur présence sur la terre est comparable à un foyer où se concentrent et d’où rayonnent la puissance, la connaissance, et la félicité infinies de Dieu ; ceux qui les approchent, les servent et les vénèrent, bénéficient spirituellement de leur contact avec eux. On appelle ces âmes des Majzoub-e-Kamil, et ce type particulier de Libération s’appelle Videh-Moukti ou libération dans le corps.

Un petit nombre d’âmes conservent le corps après avoir réalisé Dieu, et sont conscientes de leur divinité sous ses deux aspects : le manifeste et le non-manifeste. Elles se savent à la fois Essence divine immuable, et manifestation infiniment variée. Elles se connaissent comme Dieu hors de la création, comme Dieu Créateur, Préservateur, et Destructeur de la création tout entière, et aussi comme Dieu qui a accepté et transcendé les limitations de la création. Ces âmes connaissent constamment la paix absolue, la connaissance, la puissance, et la félicité infinies de Dieu. Elles participent avec grande joie au jeu divin de la création. Elles se savent Dieu en toute chose et sont donc capables d’aider chaque chose spirituellement, et d’aider d’autres âmes à réaliser Dieu en tant que Majzoub-e-kamil, Paramhansas, Jivan-mouktas, ou même en tant que Sadgourous comme elles sont elles-mêmes appelées.

Il y a dans le monde, en tous temps, cinquante-six âmes qui ont réalisé Dieu. Leur conscience est une, mais leurs fonctions sont toujours différentes. La plupart d’entre elles vivent et travaillent à l’écart du public et en sont inconnues, mais il y en a cinq qui servent en quelque sorte de corps dirigeant, qui travaillent toujours publiquement, et acquièrent importance et notoriété publique. On les appelle Sadgourous ou Maîtres Parfaits. Aux époques avatariques, l’Avatar, le Sadgourou Suprême, prend sa place à la tête de ce corps dirigeant, et de toute la hiérarchie spirituelle*.

Les époques avatariques sont comme le printemps de la création. Elles apportent un nouveau flux de puissance, un nouvel éveil de la conscience, une nouvelle expérience de la vie, pas seulement pour quelques uns, mais pour tous. Des qualités d’énergie et de conscience qui n’avaient été le privilège que de quelques âmes avancées, deviennent accessibles à toute l’humanité. La vie, dans son ensemble, est portée à un niveau supérieur de conscience, amenée à un nouveau degré d’énergie. La transition de la sensation à la raison avait été la première étape ; celle de la raison à l’intuition sera la suivante.

Ce nouvel afflux de l’impulsion créatrice se manifeste à travers une personnalité divine, par une incarnation de Dieu d’un sens spécial : l’Avatar. L’Avatar fut la première âme individuelle à émerger du processus de l’évolution et de l’involution en tant que Sadgourou, et il est le seul Avatar qui se soit jamais manifesté et se manifestera jamais. C’est à travers lui que Dieu a pour la première fois terminé le voyage de la divinité inconsciente à la divinité consciente, et qu’il est d’abord devenu consciemment homme pour devenir consciemment Dieu. C’est à travers lui que, périodiquement, Dieu se fait homme consciemment pour la libération de l’humanité.

L’Avatar apparaît sous différentes formes, différents noms, à différentes époques, et dans différentes parties du monde. Comme sa venue coïncide toujours avec la régénération spirituelle de l’homme, l’époque qui précède immédiatement sa manifestation est toujours marquée pour l’humanité par les douleurs de cette nouvelle naissance. L’homme paraît plus que jamais pris par le désir, mû par la convoitise, paralysé par la peur, et emporté par la colère. Les forts dominent les faibles ; les riches oppriment les pauvres ; des grandes masses sont exploitées au bénéfice des quelques-uns qui détiennent le pouvoir. L’être individuel qui ne trouve ni paix, ni repos, cherche à s’oublier dans l’agitation. L’immoralité augmente, le crime prolifère, la religion est ridiculisée. La corruption se propage dans tout l’ordre social. Les haines entre les classes et les nations sont fomentées et entretenues. Les guerres éclatent. L’humanité se met à désespérer. Il semble n’y avoir aucune possibilité d’enrayer la vague de destruction.

C’est à ce moment-là qu’apparaît l’Avatar. Puisqu’il est la manifestation totale de Dieu sous forme humaine, Il est l’étalon qui permet à l’homme de mesurer ce qu’il est, et ce qu’il peut devenir. Il rectifie la norme des valeurs humaines en les interprétant selon les termes d’une vie divinement humaine.

Il s’intéresse à tout mais rien ne le préoccupe. La plus petite mésaventure peut inspirer sa compassion ; la plus grande tragédie ne le bouleversera pas. Il est au-delà des alternances de la souffrance et du plaisir, du désir et de la satisfaction, du repos et de la lutte, de la vie et de la mort. Pour lui ces choses sont toutes des illusions qu’il a transcendées, mais auxquelles d’autres sont encore attachés, et dont il est venu les libérer. Il utilise chaque circonstance comme moyen de mener les autres vers la Réalisation. Il sait que l’homme ne cesse pas d’exister à sa mort, et la mort ne l’affecte pas. Il sait que la destruction doit précéder la construction, que de la souffrance naissent la paix et la félicité, que de la lutte jaillit la libération des liens créés par l’action. Il ne se soucie que du souci.

Il éveille en ceux qui entrent en contact avec lui un amour qui consume tous les désirs égoïstes dans la flamme du désir unique de le servir. Ceux qui lui consacrent leur vie identifient progressivement leur conscience à la sienne. Peu à peu, sa divinité absorbe leur humanité, et ils deviennent libres. Les êtres qui lui sont le plus proches constituent ce que l’on appelle son Cercle.

Chaque Sadgourou a un Cercle intime de douze disciples qui, au moment de la Réalisation deviennent l’égal du Sadgourou, bien que leur fonction et leur autorité diffèrent des siennes. Aux époques avatariques, le Cercle de l’Avatar est composé de dix Cercles concentriques sur lesquels sont répartis cent vingt-deux disciples au total qui se réalisent tous et travaillent pour la Libération des autres*. L’Avatar et ses disciples ne travaillent pas seulement pour l’humanité qui leur est contemporaine mais aussi pour la postérité. Le déroulement de la vie, et le développement de la conscience pour tout le cycle avatarique, qui ont été planifiés dans le monde créateur avant que l’Avatar ne prenne forme, se trouvent endossés et fixés dans les mondes formateur et matériel durant la vie de l’Avatar sur la terre.

L’Avatar éveille l’humanité contemporaine à la réalisation de sa vraie nature spirituelle ; il apporte la Libération à ceux qui sont prêts, et ravive la vie de l’esprit de son époque. Il laisse à la postérité la force stimulante d’un exemple divinement humain, la noblesse d’une vie suprêmement vécue, d’un amour dépourvu de désir, d’une puissance mise au seul service des autres, d’une paix que l’ambition ne trouble pas, d’une connaissance non obscurcie par l’illusion. Il a démontré la possibilité d’une vie divine pour l’humanité tout entière, d’une vie céleste sur la terre. Ceux qui ont le courage et l’intégrité nécessaires peuvent le suivre s’ils le veulent.

Ceux qui sont spirituellement éveillés s’aperçoivent depuis un certain temps que le monde vit actuellement le genre d’époque qui précède toujours les manifestations avatariques. Même les hommes et les femmes non éveillés commencent à s’en apercevoir à présent. Du fond de leurs ténèbres ils tendent vers la lumière ; dans leur affliction ils aspirent au bien-être ; du sein des luttes où ils se trouvent plongés, ils appellent la paix et la délivrance.

Pour le moment, il leur faut être patients. La vague de destruction doit s’élever encore davantage et s’étendre plus loin encore. Mais quand, du plus profond de son cœur, l’homme désirera quelque chose de plus durable que la richesse, et de plus réel que la puissance matérielle, la vague se retirera. Alors la paix viendra, la joie viendra, la lumière viendra.

La fin de mon silence – signal de ma manifestation publique – n’est pas éloignée. J’apporte le plus grand trésor qu’il soit possible à l’homme de recevoir, un trésor qui inclut tous les autres trésors, qui durera à jamais, et qui augmente quand on le partage avec d’autres. Soyez prêts à le recevoir.

[Photo 11]

Tournée du Bus Bleu, Rajasthan, 1938

Le plan divin

Comme à toutes les grandes époques critiques de l’histoire de l’homme, l’humanité vit actuellement les douleurs intenses d’une renaissance spirituelle. De grandes forces de destruction sont à l’œuvre et semblent dominer pour le moment, mais des forces constructrices et créatrices sont également libérées par différents canaux. Bien que le travail de ces forces de lumière se fasse surtout en silence, ces dernières amèneront un jour les transformations qui rendront le progrès spirituel de l’humanité ferme et assuré. Tout ceci fait partie du plan divin, qui offrira au monde affamé et épuisé, un nouvel apport de l’unique et éternelle Vérité.

La guerre : symptôme de causes plus graves

À présent, le problème urgent auquel l’humanité se trouve confrontée, est celui de trouver les moyens et les manières d’éliminer la compétition, les conflits, et la rivalité sous toutes les formes grossières ou subtiles qu’ils peuvent revêtir dans les différentes sphères de la vie. Les guerres militaires sont bien sûr les sources les plus évidentes de chaos et de destruction. Cependant, les guerres ne constituent pas en elles-mêmes le problème central de l’humanité ; elles sont plutôt les symptômes externes de quelque chose de bien plus grave à leur origine. Ni les guerres, ni la souffrance qu’elles apportent, ne peuvent être évitées complètement par simple propagande pacifiste. Pour les faire disparaître de l’histoire humaine, il faudra s’attaquer à la cause qui est à leur racine. Même en dehors des guerres militaires, les hommes, individuellement ou en groupes, sont constamment en guerre les uns contre les autres sur le plan économique ou de toute autre manière plus subtile. Les guerres armées, avec tout leur cortège de cruautés, ne se déclarent que lorsque ces causes sous-jacentes s’aggravent.

L’égoïsme et l’intérêt personnel

La cause fondamentale du chaos qui dégénère en guerre réside dans le fait que la plupart des gens sont sous l’emprise de l’égoïsme et de considérations égocentriques, et qu’ils expriment leur égoïsme et leur intérêt personnel individuellement et collectivement. Cette vie aux valeurs illusoires est celle dont l’homme est prisonnier. Être face à face avec la vérité, c’est réaliser que la vie est Une, dans et à travers la multiplicité de ses manifestations. Comprendre ceci, c’est oublier le moi limitateur et réaliser l’unité de la vie.

Les guerres ne sont ni nécessaires ni raisonnables

Lorsque la vraie compréhension naîtra, le problème des guerres disparaîtra immédiatement. Il faut voir clairement que les guerres ne sont ni nécessaires, ni raisonnables, et que la question urgente n’est donc plus de savoir comment les arrêter, mais comment déclarer spirituellement la guerre à l’attitude d’esprit qui est responsable d’un état de choses aussi cruel et douloureux. A la lumière de la vérité et de l’unité de toute vie, l’action coopérante et harmonieuse devient naturelle et inévitable. La tâche principale, pour ceux qui se sentent profondément concernés par la reconstruction de l’humanité, est donc de faire tout leur possible pour dissiper l’ignorance spirituelle qui enveloppe l’humanité.

L’équilibre matériel requiert une compréhension spirituelle

Les guerres ne proviennent pas de la seule recherche d’un équilibre matériel. Elles sont souvent le résultat d’une identification sans discernement avec des intérêts étroits que l’on associe à cette partie du monde que l’on considère comme « sienne ». La recherche d’un équilibre matériel n’est qu’une fraction du problème plus vaste de la recherche de l’équilibre spirituel. Ce dernier exige que l’on élimine le moi, non seulement des aspects matériels de la vie, mais aussi des domaines qui concernent la vie intellectuelle, émotionnelle et culturelle de l’homme. Réduire le problème de l’humanité à une simple question de besoins alimentaires, c’est abaisser l’humanité au niveau de l’animalité. Mais même si l’homme se donne pour tâche unique d’assurer un équilibre purement matériel, il ne peut y parvenir que grâce à une compréhension spirituelle. L’équilibre économique n’est possible que si les gens réalisent que dans ce domaine il ne peut y avoir ni organisation ni coopération tant que l’intérêt personnel n’aura pas été remplacé par l’amour et le don de soi. Sans cela, le meilleur des équipements, et la meilleure des efficacités dans les domaines matériels n’éviteront à l’humanité ni conflits, ni insuffisance.

La juste place de la science

La Nouvelle Humanité qui émerge des luttes et des souffrances actuelles n’ignorera pas la science ni ses applications pratiques. C’est une erreur de considérer la science comme anti-spirituelle. La science est une aide ou une entrave à la spiritualité selon l’usage qu’il en est fait. Tout comme l’art véritable exprime la spiritualité, la science, quand elle est maniée avec justesse, peut être l’expression et l’accomplissement de l’esprit. Les vérités scientifiques qui concernent le corps physique et sa vie dans le monde grossier peuvent devenir, pour l’âme, les moyens de se connaître elle-même ; mais pour atteindre ce but, elles doivent être correctement incluses dans une compréhension spirituelle plus vaste. Ceci signifie une solide perception des valeurs vraies et durables. Sans cette compréhension spirituelle, les vérités et les réalisations scientifiques risquent de servir la destruction mutuelle et de promouvoir un mode de vie tendant à renforcer l’aliénation de l’esprit. L’humanité ne peut progresser dans toutes les directions que si la science et la religion avancent main dans la main.

Nécessité de l’expérience spirituelle

La civilisation de la Nouvelle Humanité qui vient, ne sera pas animée de doctrines sèches et intellectuelles, mais de l’expérience spirituelle vivante. L’expérience spirituelle détient les vérités les plus profondes qui sont inaccessibles à l’intellect seul ; elle ne peut naître uniquement de l’intellect.

Celui-ci peut énoncer et exprimer la vérité spirituelle et il peut, certes, aider à la communication de l’expérience spirituelle. Mais à lui tout seul, l’intellect ne suffit pas pour permettre à l’homme de vivre l’expérience spirituelle ou de la communiquer aux autres. Si deux personnes ont déjà eu une migraine, elles peuvent ensemble examiner leur expérience de la migraine et se la décrire mutuellement au moyen de l’intellect. Mais si une personne n’a jamais fait cette expérience, aucune explication intellectuelle ne pourra suffire pour lui faire comprendre ce qu’est une migraine.

L’explication intellectuelle ne peut jamais remplacer l’expérience spirituelle ; tout ce qu’elle peut faire au mieux, c’est lui préparer le terrain.

Nature et lieu de l’expérience spirituelle

L’expérience spirituelle dépasse le seul entendement intellectuel. Cette constatation fait souvent l’objet d’une description que l’on appelle expérience mystique. Le mysticisme est fréquemment considéré comme étant quelque chose d’anti-intellectuel, d’obscur et de confus ou bien de peu pratique et sans rapport avec l’expérience. En fait, le vrai mysticisme n’est rien de tout cela. Il n’y a rien d’irrationnel dans le vrai mysticisme quand il est, comme il devrait être, une vision de la réalité. C’est une forme de perception absolument claire, et si pratique qu’elle peut se vivre à chaque moment de la vie, et s’exprimer dans les devoirs de chaque jour. Ses liens avec l’expérience sont si profonds qu’en fait, c’est la compréhension définitive de l’expérience tout entière. Quand il est dit de l’expérience spirituelle qu’elle est mystique, il ne faut pas en déduire qu’il s’agit de quelque chose de surnaturel ou de complètement hors de la portée de la conscience humaine. Cela veut simplement dire qu’elle n’est pas accessible à l’intellect humain limité tant que celui-ci n’a pas dépassé ses limites et n’est pas illuminé par la réalisation directe de l’Infini.

Jésus Christ a montré le chemin de l’expérience spirituelle lorsqu’il a dit : « Quitte tout et suis-moi ». Ceci signifie que l’homme doit abandonner ce qui le limite et s’établir dans la vie infinie de Dieu. L’expérience spirituelle réelle n’implique pas seulement la réalisation de la nature de l’âme au fur et à mesure que celle-ci traverse les plans supérieurs de conscience ; elle est aussi une attitude juste envers les devoirs de ce monde. Si elle perd contact avec les différentes phases de la vie, il s’agit alors d’une réaction névrotique qui est loin d’être une expérience spirituelle.

On ne peut trouver l’expérience spirituelle dans la fuite

L’expérience spirituelle qui redonnera vie et énergie à la Nouvelle Humanité ne peut être une simple réaction aux exigences rigoureuses et sans compromis que les réalités de la vie nous imposent. Ceux qui n’ont pas la capacité de s’adapter au flux de la vie, ont tendance à reculer devant les réalités de celle-ci et à chercher asile et protection dans une forteresse d’illusions qu’ils se sont eux-mêmes édifiée. Ce genre de réaction tente de préserver l’existence séparée en la mettant à l’abri des exigences de la vie. Elle ne peut qu’apporter une pseudo-solution aux problèmes de la vie en communiquant un faux sentiment de sécurité et d’accomplissement personnel. Ce n’est pas même une étape en avant vers la solution réelle et durable ; c’est au contraire, une déviation du vrai chemin spirituel. L’homme sera encore et toujours délogé de ses abris illusoires par les vagues toujours nouvelles et irrésistibles de la vie, et il s’attirera de nouvelles formes de souffrance s’il cherche à protéger par la fuite son existence séparative.

La Nouvelle Humanité ne s’attachera pas aux formes extérieures

On peut chercher à s’accrocher à son expérience séparative par la fuite, mais on peut aussi chercher à s’y accrocher en s’identifiant sans discernement aux formes, aux cérémonies et aux rites, ou bien encore aux traditions et aux conventions. Les formes, les cérémonies et les rites, les traditions et les conventions sont dans la plupart des cas des entraves au libre cours de la vie infinie. S’ils étaient des instruments dociles au service de l’expression de la vie illimitée, ils favoriseraient plutôt qu’ils ne freineraient l’avènement de la vie divine sur la terre. Mais ils ont surtout tendance à recueillir prestige et reconnaissance pour eux-mêmes, indépendamment de la vie qu’ils sont censés exprimer ; et dans ce cas, le moindre attachement à leur égard, finit par entraîner une diminution et une réduction formidables de la vie.

La Nouvelle Humanité vivra une vie libérée de toute limitation qui offrira un champ libre à la vie créative de l’esprit ; elle brisera l’attachement aux formes extérieures et apprendra à les subordonner aux impératifs de l’esprit. La vie limitée des illusions et des valeurs fausses sera remplacée par la vie illimitée dans la Vérité, et les limitations qui entretiennent le moi séparé dépériront au contact de la compréhension vraie.

L’identification avec un groupe étroit est une forme de moi limité

De même qu’on peut chercher à s’accrocher à son existence séparative par la fuite ou par l’identification avec des formes externes, on peut aussi chercher à s’y accrocher en s’identifiant à l’étroitesse d’une classe, d’une foi, d’une secte, d’une religion ou même à ce qui différencie un sexe de l’autre. Dans ces cas-là, la personne peut donner l’impression d’avoir perdu son existence séparative en s’identifiant à un ensemble plus vaste. Mais en fait, c’est souvent son existence séparative qu’elle exprime au moyen d’une identification de cette sorte ; celle-ci lui permet de se complaire dans le sentiment qu’elle a d’être séparée de ceux qui appartiennent à une autre classe, nationalité, croyance, secte, religion ou à l’autre sexe.

Le moi limité vit à travers les opposés

L’existence séparative naît et tire sa force de son identification à une chose spécifique et de son opposition à son contraire. L’homme peut chercher à protéger son existence séparée en s’identifiant à une idéologie plutôt qu’à une autre, ou à sa propre conception du bien plutôt qu’à l’idée qu’il se fait du mal. Ce qui résulte de l’identification avec l’étroitesse de certains groupes ou avec des idéaux restreints, n’est pas la vraie fusion du moi séparatif, elle n’en est qu’une apparence. La vraie fusion du moi limité dans l’océan de la vie universelle implique l’abandon complet de l’existence séparative sous tous ses aspects.

Espoir pour l’avenir

La majeure partie de l’humanité est entièrement sous l’emprise des tendances séparatives et dominatrices. Celui que le spectacle d’une humanité ainsi enchaînée accable, ne peut qu’être complètement désespéré pour son avenir. Mais il faut regarder plus profondément dans les réalités du présent, pour avoir une vision exacte de la détresse actuelle de l’humanité. Les possibilités réelles de la Nouvelle Humanité sont cachées aux yeux de ceux qui ne regardent qu’à la surface de la situation mondiale ; elles existent pourtant, et n’ont besoin que de l’étincelle de la compréhension spirituelle pour entrer en action et jouer pleinement leur rôle. Les forces de la débauche, de la haine et de la cupidité engendrent un chaos et des souffrances incalculables, mais ce qui sauve la nature humaine c’est que même au sein de forces perturbatrices, il existe toujours une certaine forme d’amour.

L’amour doit être libre de toute limite

Même les guerres exigent une action coopérante, mais la portée de cette coopération est artificiellement restreint par l’identification à un groupe ou à un idéal limité. Les guerres sont souvent sous-tendues par une forme d’amour, même si c’est un amour incorrectement compris. Pour que l’amour soit vraiment l’amour, il faut qu’il ne soit ni bridé ni limité. L’amour existe vraiment dans toutes les phases de la vie humaine, mais il y est latent, ou limité et empoisonné par l’ambition personnelle, l’orgueil racial, les fidélités et les rivalités étroites, l’attachement à un sexe, une nationalité, une secte, une caste ou une religion. Pour qu’ait lieu une résurrection de l’humanité, il faut que s’ouvre le cœur de l’homme afin qu’un nouvel amour puisse y naître – un amour non corrompu et entièrement libéré de la cupidité individuelle ou collective.

L’amour est essentiellement contagieux

C’est un flot d’amour immensément abondant qui fera naître la Nouvelle Humanité, et ce flot d’amour pourra jaillir grâce à l’éveil spirituel amené par les Maîtres Parfaits. L’amour ne peut naître d’une simple détermination ;l’exercice de la volonté ne peut, dans le meilleur des cas, que rendre consciencieux. Par la lutte et l’effort nous pouvons conformer notre action extérieure à notre conception de ce qui est juste ; mais une telle action est spirituellement stérile parce qu’il lui manque la beauté intérieure de l’amour spontané.

L’amour doit jaillir spontanément de l’intérieur ; il ne peut absolument pas être amené par la force, qu’elle soit intérieure ou extérieure. L’amour et la coercition ne peuvent jamais aller de pair, mais si l’amour ne peut être forcé, il peut en revanche être éveillé par l’amour lui-même. L’amour est essentiellement contagieux ; ceux qui ont l’amour, le transmettent à ceux qui ne l’ont pas. On ne peut recevoir l’amour d’un autre qu’en y répondant par quelque chose qui est de la même nature. L’amour véritable est invincible et irrésistible. Il gagne en force et se répand jusqu’à finalement transformer tout ce qu’il touche. L’humanité accédera à une manière nouvelle d’être et de vivre par un échange libre et direct d’amour pur entre les cœurs.

La rédemption de l’humanité passe par l’amour divin

Quand il aura été reconnu qu’il n’y a pas de plus grande exigence que l’exigence de la Vie Divine universelle – qui, sans exception, inclut chaque être et chaque chose – l’amour n’instaurera pas seulement la paix, l’harmonie, et le bonheur dans les sphères sociale, nationale et internationale, mais il brillera aussi dans toute sa pureté et sa beauté. L’amour divin est hors d’atteinte des assauts de la dualité, et il est l’expression de la divinité même. C’est par l’amour divin que la Nouvelle Humanité s’harmonisera avec le plan divin. L’amour divin ne se contentera pas d’apporter douceur impérissable et félicité infinie dans la vie personnelle, mais aussi, il rendra possible une ère de Nouvelle Humanité. Par l’amour divin, la Nouvelle Humanité apprendra l’art de vivre coopérativement et harmonieusement. Elle s’affranchira de la tyrannie des formes mortes, et libérera le flot de la vie créative de la sagesse spirituelle ; elle abandonnera toutes les illusions et s’installera dans la Vérité ; elle connaîtra la paix et le bonheur permanents ; elle sera initiée dans la vie de l’Éternité.

[Photo 12]

Jabalpur, décembre 1938

e commencement et la fin de la Création

D’où et vers quoi ?

Tant que le mental de l’homme n’aura pas l’expérience directe de la Réalité ultime telle qu’elle est, il essaiera, en vain, d’expliquer l’origine et le but de la création. Le passé lointain semble enveloppé d’un mystère impénétrable, et l’avenir apparaît comme un livre entièrement hermétique. Ensorcelé par Maya, le mental de l’homme ne peut, au mieux, qu’élaborer de brillantes conjectures sur le passé et l’avenir de l’univers. Sa connaissance sur ces questions n’est jamais définitive, mais il ne peut pas non plus accepter de rester ignorant à leur sujet. « D’où ? » et « Vers quoi ? » sont les deux éternelles et déchirantes questions qui rendent le mental de l’homme divinement insatisfait.

Le commencement et la fin

Le mental de l’homme ne peut se résigner à un retour en arrière sans fin dans sa recherche de l’origine du monde; il ne peut non plus se résoudre à l’idée d’un changement perpétuel sans but. Sans cause initiale, l’évolution est inintelligible ; sans terme, elle n’a ni direction ni signification. L’existence même de ces questions « D’où ? » et « Vers quoi ? » présuppose que cette création en évolution a eu un commencement et aura une fin. L’évolution commence et finit avec le temps. L’évolution a un commencement et une fin parce que le temps a un commencement et une fin.

Mahapralaya

Entre le commencement et la fin de ce monde changeant les cycles sont nombreux, mais, à travers ces cycles, il y a continuité de l’évolution cosmique. La véritable fin du processus de l’évolution s’appelle Mahapralaya, ou grande annihilation de la création, moment où l’univers redevient ce qu’il était au commencement, c’est-à-dire Rien. Mahapralaya est pour l’univers ce que le sommeil est pour l’individu: pour celui qui dort d’un sommeil profond, le monde varié de l’expérience disparaît complètement ; de même, au moment de Mahapralaya le cosmos objectif tout entier, l’œuvre de Maya, s’évanouit dans le néant. Tout est comme si l’univers n’avait jamais existé.

La Réalité est intemporelle et absolue

Même au cours de la période de son évolution, l’univers n’est en lui-même qu’imagination. Il n’y a en fait qu’une seule Réalité éternelle et indivisible, et elle n’a ni commencement ni fin. Elle est au-delà du temps. Du point de vue de cette Réalité intemporelle, le processus temporel tout entier est pure imagination. Et les milliards d’années passées, les milliards d’années à venir, n’ont même pas la valeur d’une seconde. Tout est comme si elles n’avaient jamais existé et n’existeront jamais. L’univers évolutif et varié ne peut donc pas vraiment être un produit de l’unique Réalité. S’il l’était, l’unique Réalité serait un élément relatif ou bien un être composé, ce qu’elle n’est pas ; elle est absolue.

La Réalité et le Rien

L’unique Réalité contient toute existence. Elle est Tout, mais Rien est son ombre. L’idée d’une existence qui contient tout, implique que rien n’existe en dehors de son être. Lorsqu’on analyse l’idée de l’être, on arrive par implication à l’idée de ce qui n’existe pas. Cette idée de non-existence ou Rien aide à définir clairement notre notion de l’être. L’aspect complémentaire de l’Être est donc le Non-être ou Rien, Mais il est impossible que Rien puisse avoir une existence séparée et indépendante. Ce n’est rien en soi. Il ne peut non plus, à lui seul, être cause de quoi que ce soit. L’univers évolutif et varié ne peut provenir de Rien, à lui seul, et nous avons vu qu’il ne peut non plus être le produit de l’unique Réalité. Comment l’univers évolutif et varié apparaît-il donc ?

La Réalité et l’univers

L’univers évolutif et varié provient du mélange de l’unique Réalité avec Rien. Il jaillit de Rien lorsque ce Rien se profile sur la toile de fond de l’unique Réalité. Mais il ne faut pas en déduire que l’univers provienne partiellement de l’unique Réalité, ni qu’il en soit un élément. Il provient de Rien et n’est rien. Il semble seulement exister: son existence apparente lui est conférée par l’unique Réalité qui est, pour ainsi dire, derrière Rien. Lorsque Rien s’ajoute à l’unique Réalité, il en résulte l’univers évolutif et varié.

L’unique Réalité qui est infinie et absolue n’en subit aucune modification. Elle est absolue, et en tant que telle, on ne peut rien lui ajouter ni lui retrancher. L’unique Réalité demeure ce qu’elle était, complète et absolue à elle seule ; elle est détachée du panorama de la création, jaillie de Rien, avec lequel elle n’a aucun rapport. Ce Rien est comparable à la valeur zéro en mathématiques: à lui seul, zéro n’a aucune valeur positive, mais si on le place à côté d’un autre chiffre, il engendre le multiple. C’est ainsi que l’univers évolutif et varié jaillit de Rien lorsque Rien s’associe à l’unique Réalité.

La division imaginaire entre le moi et l’environnement

Tout le processus de l’évolution est du domaine de l’imagination. Lorsqu’en imagination, l’océan de l’unique Réalité semble s’agiter, surgit alors le monde multiple et varié où les centres de conscience sont distincts les uns des autres. Il s’ensuit une division fondamentale de la vie entre le moi et le non-moi, c’est-à-dire le « je » et son environnement. Puisque le moi limité (portion imaginaire de la totalité réellement indivisible), n’est ni réel ni complet, la conscience ne peut se satisfaire d’une éternelle identification avec lui. Prise d’une incessante agitation, elle se trouve alors contrainte d’essayer de s’identifier avec le non-moi. La partie du non-moi, ou environnement, avec laquelle la conscience réussit à s’identifier, s’intègre au moi en devenant ce qu’on appelle le « mien ». Et la partie du non-moi avec laquelle la conscience ne réussit pas à s’identifier, devient l’environnement irréductible qui crée inévitablement la frontière du moi et s’oppose à lui.

La conscience ne parvient donc pas à mettre fin à la dualité limitatrice, elle ne fait que la transformer. Tant que la conscience demeure sous l’emprise de l’imagination déformante, tous les efforts qu’elle accomplit pour assimiler le non-moi (l’environnement), n’aboutissent pas à la cessation de la dualité initiale, mais à son remplacement par d’innombrables nouvelles formes de cette même dualité. L’acceptation ou le rejet de telle ou telle partie de notre environnement s’exprime soit par le « désir », soit par le « non-désir », créant ainsi l’opposition entre le plaisir et la souffrance, le bien et le mal, etc… Mais ni l’acceptation, ni le rejet ne libèrent de la dualité, et la conscience se met à osciller constamment d’un opposé à l’autre. Cette oscillation entre les pôles opposés est la caractéristique du processus tout entier de l’évolution de l’individu.

Le déterminisme absolu des sanskaras

L’évolution de l’individu limité est entièrement déterminée par les sanskaras accumulés à travers les âges, et bien que tout ne soit qu’imagination, le déterminisme n’est pas moins rigoureux et automatique. Chaque action, chaque expérience, si éphémère soit-elle, laisse derrière elle une impression sur le corps mental. Cette impression est une modification objective du corps mental : et comme le corps mental demeure le même pendant plusieurs vies, les impressions accumulées par l’individu peuvent aussi persister durant plusieurs vies. Lorsque les sanskaras ainsi accumulés commencent à s’exprimer (au lieu de rester à l’état latent dans le corps mental), ils sont ressentis comme des désirs, c’est-à-dire qu’ils deviennent subjectifs. Les sanskaras ont donc deux aspects, l’un objectif et l’autre subjectif : le premier est un état passif et latent, le second est un état de manifestation.

Au cours de la phase active, les sanskaras accumulés déterminent chaque expérience et chaque action du moi limité. De même qu’au cinéma, une série de plusieurs vues est nécessaire pour qu’apparaisse à l’écran une action, si brève soit-elle, de même de nombreux sanskaras doivent souvent s’associer pour déterminer une seule action. Lorsqu’ils s’expriment et se réalisent ainsi dans l’expérience, on dit des sanskaras qu’ils se « dépensent ». Les sanskaras légers se dépensent mentalement ; les sanskaras plus forts se dépensent de manière subtile sous la forme de désirs et d’expériences imaginaires ; et les sanskaras très puissants se dépensent physiquement en s’exprimant par l’action physique. Les sanskaras se dépensent ainsi continuellement, mais ce processus ne libère pas pour autant l’homme de leur emprise, car non seulement les actions nouvelles créent inévitablement de nouveaux sanskaras, mais le fait même de dépenser des sanskaras en crée aussi de nouveaux. Le poids des sanskaras augmente donc sans cesse et l’individu se sent impuissant à se défaire de ce fardeau.

L’équilibre par oscillation

Les sanskaras déposés par un certain type d’actions et d’expériences prédisposent le mental à répéter des actions et des expériences du même ordre. Mais au bout d’un certain temps, il se produit une réaction naturelle qui arrête et contrecarre cette tendance en la renversant dans la direction diamétralement opposée, ce qui permet l’action des sanskaras opposés. Les deux opposés font très souvent partie d’une même suite dans l’imagination. Un homme peut, par exemple, être d’abord un écrivain célèbre, riche, marié et jouissant de toutes les choses agréables de la vie ; il peut ensuite, au cours de la même vie, perdre sa célébrité, sa richesse, sa famille, et toutes les choses agréables de la vie. Il arrive parfois qu’une seule suite dans l’imagination ne contienne pas les deux opposés pendant la même vie. Tel serait le cas par exemple d’un homme qui, toute sa vie durant, aurait été un puissant roi, victorieux dans toutes les batailles : il lui faudra compenser cette tendance dans la vie suivante par l’expérience de la défaite ou de quelque chose de similaire, et une autre vie lui sera nécessaire pour compléter cette suite dans l’imagination. Le déterminisme purement psychologique dû aux sanskaras est donc assujetti au plus profond besoin qu’à l’âme de se connaître.

Exemple du meurtre

Supposons qu’une personne tue quelqu’un dans cette vie-ci. Cet acte va déposer en son corps mental les sanskaras du meurtre. Si la conscience était simplement déterminée par la tendance initiale que ces sanskaras ont créée, l’homme continuerait à tuer sans que rien ne l’arrête, chaque meurtre augmentant sa propension à tuer en s’ajoutant aux précédents. Il lui serait impossible d’échapper à ce déterminisme répétitif si la logique même de l’expérience n’y mettait le terme nécessaire : la personne réalise bientôt combien son expérience est incomplète, et se met à rechercher inconsciemment l’équilibre perdu en se tournant vers le pôle opposé.

L’individu qui avait fait l’expérience du meurtre va développer en lui le besoin psychologique d’être tué à son tour, et en acquérir la prédisposition nécessaire. Le fait de tuer lui avait fait connaître un seul aspect de la situation totale où il se trouve impliqué : celui du tueur. L’autre aspect, celui de la victime, demeure pour lui une inconnue qu’il ne peut encore comprendre, mais qui a cependant pénétré la trame de son expérience. Ainsi naît chez l’homme le besoin de compléter son expérience, en s’attirant l’opposé de ce qu’il avait jusqu’à présent vécu personnellement, et la conscience tend alors à satisfaire ce besoin nouveau et impérieux. Celui qui a tué va rapidement développer en lui la prédisposition à être tué à son tour, afin que son expérience personnelle englobe la situation tout entière.

La question qui surgit est alors la suivante : Qui le tuera lors de la vie suivante? Ce pourra être la personne même qu’il avait tuée la vie précédente ; ce pourra également être une tierce personne aux sanskaras similaires. De l’interaction entre les différents êtres humains naissent les liens sanskariques, et lorsqu’un être prend un nouveau corps physique, ce peut être parmi ceux qui ont des sanskaras similaires. Les événements de la vie sont imbriqués entre eux de façon à permettre le libre jeu de la dualité qui évolue.

Depuis l’alternance entre les opposés jusqu’à leur dépassement

Comme la navette du tisserand, le mental de l’homme va d’un extrême à l’autre, développant ainsi la chaîne et la trame de la vie. La meilleure représentation du développement de la vie spirituelle n’est pas la ligne droite, mais un trajet en zigzag. Considérons le rôle joué par les deux rives du fleuve. Sans ces rives les eaux se disperseraient et le fleuve n’atteindrait pas sa destination. Il en est de même pour le flux de la vie qui se dissiperait à l’infini s’il n’était contenu entre les deux pôles des opposés.

La meilleure façon de considérer ces rives du fleuve de la vie est de les voir, non pas comme deux lignes parallèles, mais comme deux lignes convergeant au point de Libération. L’amplitude de l’oscillation diminue au fur et à mesure que l’individu approche du but, pour cesser définitivement lorsque celui-ci est atteint. Ce mouvement ressemble à celui de la poupée dont le centre de gravité est situé en son socle et qui, de ce fait, finit toujours par se stabiliser à la verticale. Lorsqu’on l’incline, elle se met à basculer alternativement d’un côté puis de l’autre, pendant un certain temps, chaque mouvement devenant moins ample que le précédent, pour finalement atteindre l’immobilité. Dans l’évolution cosmique, la fin de l’alternance entre les opposés est le Mahapralaya, et dans l’évolution spirituelle de l’homme individuel, elle est la Libération.

Plans d’involution de la conscience

Le passage de la dualité à la non-dualité n’est pas simplement un changement d’état de conscience. Comme l’une et l’autre sont qualitativement différentes, la différence entre elles est infinie. La première est un état non-divin, la seconde un état Divin. Cette infinie différence constitue l’abîme qui sépare le sixième plan de conscience du septième. Il existe également, entre chacun des six plans inférieurs d’involution de la conscience une sorte de vallée, ou distance. Mais bien que la différence entre chacun d’entre eux soit grande, elle n’est pas infinie, car tous ces plans sont soumis à la bi-polarité[14] de l’expérience limitée, qui se manifeste par l’alternance des opposés.

La différence entre le premier et le deuxième plan, entre le deuxième et le troisième, et ainsi de suite jusqu’au sixième, est grande mais elle n’est pas infinie. Il n’est pas un seul de ces six plans de la dualité qui soit réellement plus proche du septième que les autres. La différence qui sépare chacun d’entre eux du septième est infinie au même titre que celle qui sépare le sixième du septième. La progression à travers les six plans reste du domaine de l’imagination, tandis que la réalisation du septième plan est la cessation de l’imagination, et donc l’éveil de l’homme à la conscience de la Vérité.

La progression à travers les plans intérieurs

Bien que la progression à travers les six plans soit illusoire elle ne peut être entièrement évitée. Il faut épuiser complètement l’imagination avant de pouvoir réaliser la Vérité. Quand un Maître Parfait dirige le disciple, il ne lui épargne pas le passage à travers les six plans intérieurs. Il peut les lui faire traverser de deux manières, les yeux ouverts ou voilés. Si le disciple est voilé, il n’est pas conscient des plans qu’il traverse, et les désirs persistent chez lui jusqu’au septième plan ; mais s’il a les yeux ouverts et qu’il est conscient des plans qu’il traverse, les désirs le quittent à partir du cinquième plan. Si le Maître vient accomplir un certain travail, il choisit souvent de conduire ses disciples voilés afin de pouvoir les associer plus activement à son œuvre que s’ils avaient les yeux ouverts.

La traversée des plans est, du début jusqu’à la fin, caractérisée par le « déroulement »[15] des sanskaras. Le déroulement des sanskaras et leur « dépense » sont deux processus tout à fait distincts. Lorsqu’ils se dépensent, les sanskaras deviennent dynamiques et se projettent dans l’action ou l’expérience. Les sanskaras ainsi dépensés se trouvent remplacés par une nouvelle accumulation de sanskaras plus importante encore que la précédente, et le processus de dépense est lui-même source de nouveaux sanskaras : par ce processus, l’homme ne se libère donc pas des sanskaras. Par contre, lorsqu’ils se déroulent, les sanskaras s’affaiblissent et finissent par se consumer dans le feu d’une ardente aspiration vers l’Infini.

La paix de la Réalisation

Cet ardent désir de l’Infini peut être cause d’une extrême souffrance spirituelle. Il n’y a pas de commune mesure entre l’intensité d’une souffrance ordinaire et l’acuité de la souffrance spirituelle de celui qui traverse les plans. La première provient des sanskaras eux-mêmes, tandis que la seconde est l’effet de leur déroulement. Lorsque la souffrance physique atteint son paroxysme, l’homme perd connaissance et se trouve ainsi soulagé mais il n’existe pas de semblable soulagement à la souffrance spirituelle. Celle-ci pourtant ne devient jamais lassante car elle s’accompagne d’une sorte de bonheur.

L’aspiration vers l’Infini croît en force et en intensité jusqu’à atteindre un point culminant après lequel elle s’apaise progressivement. L’apaisement que connaît alors la conscience ne correspond pas à un abandon de son désir ardent de l’Infini : la réalisation de l’Infini demeure son but unique. Cet état où le désir s’apaise, mais persiste à l’état latent, est en fait le prélude à la réalisation de l’Infini. L’ardent désir de l’Infini est l’instrument qui anéantit tous les autres désirs ; il est maintenant prêt à se fondre à son tour dans le calme incommensurable de l’Infini. Avant que l’ardent désir de l’Infini ne soit comblé par la réalisation de cet Infini, la conscience doit passer du sixième au septième plan, de la dualité à la non-dualité. Elle doit cesser d’errer en imagination et entrer dans un état où l’imagination n’est plus.

Le Maître voit la Réalité unique comme seule Réalité, et le Rien simplement comme son ombre. Pour lui le temps s’est fondu dans l’éternité. Ayant réalisé l’aspect intemporel de la Réalité, il est au-delà du temps et contient en son être le commencement et la fin du temps. Il n’est pas touché par les différentes actions et interactions de la multitude qui sont le fait du processus temporel. L’homme ordinaire ne sait rien ni du commencement ni de la fin de la création. Prisonnier du temps, il n’a pas la juste perspective des choses, et les événements du monde qui occupent à ses yeux, le premier plan, le subjuguent complètement. Il aborde chaque chose dans les termes d’un accomplissement, soit possible, soit irréalisable de ses propres sanskaras. Il est donc profondément perturbé par les événements de ce monde. L’univers objectif tout entier lui apparaît comme une limitation inopportune qu’il lui faut dominer ou tolérer.

Le Maître, par contre, est libéré de la dualité et des sanskaras qui en sont la caractéristique. Il est libre de toute limitation. Le trouble et l’agitation de l’univers n’affectent pas son être. Il ne peut attacher aucune importance particulière à l’effervescence du monde, avec ses processus de construction et de destruction. Il a pénétré le sanctuaire de Vérité, demeure de cette signification éternelle, qui n’est que faiblement et partiellement reflétée dans les valeurs fugitives de la création toujours changeante. Son être contient toute existence, et toute l’activité du monde n’est pour lui qu’un simple jeu.

[Photo 13]

Guruprasad, Poona, 1957

Le vrai karma-yoga

Le vrai karma-yoga (ou vie d’action parfaite) implique un ajustement adéquat entre l’aspect spirituel et l’aspect matériel de la vie. Dans ce type de vie, la conscience ne peut ni être enchaînée par les choses terrestres et matérielles, ni s’évader de l’existence quotidienne. Le mental ne se laisse pas plus submerger par la vie matérielle aux désirs insatiables, qu’il ne se laisse aller à la béatitude spirituelle. Il sait faire face aux problèmes de la vie et les aborder du point de vue de la compréhension spirituelle.

La matière, instrument malléable au service de l’esprit

On ne parvient pas à cet ajustement adéquat entre les aspects spirituel et matériel de la vie en donnant une importance égale à chacun. Il ne s’agit pas de prendre une certaine quantité de matériel et une certaine quantité de spirituel, puis de s’efforcer d’équilibrer les deux. L’esprit doit avoir et aura toujours une inviolable primauté sur la matière : cette primauté ne se manifeste pas en évitant ou en rejetant la matière, mais plutôt en l’utilisant comme le véhicule adapté à l’expression de l’esprit. Pour que l’ajustement soit intelligent, la matière doit jouer le rôle d’un instrument malléable au service de la manifestation de l’esprit, et ne doit en aucune façon se mettre en avant. Un instrument de musique n’a de valeur que s’il donne libre cours au chant du musicien ; sinon il devient un obstacle. De même, la matière n’a de valeur que lorsqu’elle permet au flot créatif de la vie de s’exprimer librement et avec justesse ; par contre, si elle le contrarie, elle devient alors une entrave.

La spiritualité requiert la subordination de la matière, et non son rejet

Parce que les désirs du mental sont multiples, la matière a tendance à acquérir de l’importance en soi. Pour l’alcoolique, le vin est tout ; pour l’homme cupide, le plus important est d’amasser de l’argent, et pour le séducteur, la recherche de la jouissance est le but suprême de la vie. Voici quelques exemples qui montrent comment, par le biais d’une variété de désirs du mental, la matière se gonfle d’importance et dénature les manifestations de l’esprit. Pour rendre à l’esprit sa dignité, il ne faut pas rejeter la matière, mais la mettre au service de l’esprit.

Ceci n’est possible que lorsque l’esprit est débarrassé de toute avidité et qu’il est pleinement conscient de son vrai statut. Quand il y est parvenu, l’homme peut posséder des biens matériels sans en être esclave. Selon les besoins du moment, il peut s’en servir comme de moyens au service de la vie de l’esprit, mais ne se laisse ni fasciner ni obséder par eux. Il réalise qu’ils ne sont pas l’essence même de la vie. Il évolue au sein d’un milieu matériel et d’un cadre social, sans chercher à les posséder et, ainsi détaché, il peut en faire le champ d’action de la vie spirituelle.

La liberté de l’esprit s’exprime par sa domination sur la matière

Lorsqu’on parvient à un véritable ajustement entre l’esprit et la matière, toutes les composantes de la vie sans exception peuvent servir à l’expression du divin. Il n’est plus nécessaire de fuir la vie quotidienne et ses enchevêtrements. La liberté de l’esprit que l’on recherche en se coupant du monde et en se retirant dans les grottes ou les montagnes est une liberté négative. Si cette retraite est temporaire et a pour but de digérer les expériences du monde, et favoriser le détachement, sa valeur est certaine. Elle est une halte, permettant de reprendre son souffle dans la course de la vie. Mais quand elle est fondée sur la peur du monde ou le manque de confiance en l’esprit, elle n’est d’aucune utilité à la recherche de la vraie liberté. La liberté réelle est essentiellement positive et doit s’exprimer par une domination sans entrave de l’esprit sur la matière. Ceci est la vraie vie de l’esprit.

La spiritualité embrasse la vie tout entière

La vie de l’esprit est l’expression de l’Infini et, en tant que telle, ne connaît pas de limites artificielles. Il ne faut pas confondre la vraie spiritualité avec un enthousiasme exclusif pour une mode quelconque. Elle n’appartient à aucun « isme ». Rechercher la spiritualité en dehors de la vie, comme si elle n’avait rien à voir avec le monde matériel, est une vaine recherche. Les différentes croyances et différents cultes ont tous tendance à n’exprimer qu’un aspect fragmentaire de la vie, mais la vraie spiritualité englobe toute la vie. L’essence de la spiritualité n’est pas un intérêt spécifique ou étroit dirigé vers un fragment imaginé de la vie ; c’est une attitude éclairée envers toutes les diverses situations que la vie nous apporte. Elle embrasse et inclut la vie tout entière. Toutes les choses matérielles de ce monde peuvent être mises au service du jeu divin, et quand elles sont ainsi subordonnées, elles aident l’esprit à s’affirmer.

Le corps n’est pas forcément un obstacle à la vie spirituelle

La valeur des choses matérielles dépend du rôle qu’elles jouent dans la vie de l’esprit. En soi, elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles deviennent bonnes ou mauvaises selon qu’elles favorisent ou entravent la manifestation du Divin à travers elles. Prenons par exemple la place du corps physique dans la vie de l’esprit. Il est erroné d’opposer la « chair » à « l’esprit ». Un tel contraste mène presque inévitablement à la condamnation injustifiée du corps. Celui-ci n’est un obstacle à l’accomplissement spirituel que si l’on s’en occupe trop et qu’on lui confère une importance en soi. Il joue correctement son rôle dans la mesure où il est mis au service des buts spirituels.

Le cheval est indispensable au cavalier qui part au combat, mais il peut devenir un handicap s’il ne se plie pas aux ordres de son maître. Il en est de même pour l’esprit qui a besoin d’être vêtu de matière pour entrer en pleine possession de ses propres possibilités, bien que le corps puisse parfois devenir une entrave en refusant de se plier aux nécessités de l’esprit. Quand le corps se soumet, comme il le doit, aux demandes de l’esprit, il devient alors l’instrument qui fait descendre le royaume des cieux sur la terre. Il permet la libre manifestation de la vie divine et, ce faisant, il mérite d’être appelé « le temple de Dieu sur la terre ».

La science, l’art, la politique peuvent servir les buts spirituels

Comme le corps physique et toutes les choses matérielles peuvent être les instruments de la vie de l’esprit, la vraie spiritualité n’a aucune attitude hostile envers eux, mais cherche au contraire, à s’exprimer dans et à travers eux. Ainsi un être parfait ne méprise ni les belles choses, ni les œuvres d’art, ni les conquêtes de la science, ni les réalisations de la politique. Les belles choses peuvent être avilies en devenant l’objet d’un appétit insatiable ou la cause d’un sentiment possessif, jaloux et exclusif ; les œuvres d’art peuvent être souvent utilisées pour satisfaire et accroître l’égoïsme, et bien d’autres faiblesses humaines. Les conquêtes de la science peuvent servir à la destruction mutuelle, comme dans les guerres modernes, et l’enthousiasme politique dénué de perspicacité spirituelle peut perpétuer le chaos social et international. Mais toutes ces choses peuvent aussi être maniées avec justesse et spiritualisées. Les belles choses peuvent devenir source de pureté, de bonheur et d’inspiration ; les œuvres d’art peuvent ennoblir et élever la conscience des hommes. Les conquêtes de la science peuvent soulager l’humanité de souffrance et de handicaps inutiles, et l’action politique peut contribuer à instaurer une véritable fraternité humaine. La vie de l’esprit ne consiste pas à se détourner du monde dans lequel nous vivons, mais à lui redonner son but divin qui consiste à mettre l’amour, la paix, le bonheur, la beauté et la Perfection spirituelle à la portée de chacun.

Détachement ne signifie pas indifférence

Ceux qui veulent vivre la vie de l’esprit doivent vivre dans ce monde de manière détachée, sans pour autant devenir froid et indifférent à son égard. Il ne faut pas prendre le détachement pour un manque d’appréciation. Non seulement il est compatible avec une véritable évaluation des choses, mais il en est la condition nécessaire. Le désir insatiable des choses crée des leurres et fait obstacle à une perception juste. Il nourrit les obsessions et entretient un sentiment de dépendance envers les objets extérieurs. Le détachement favorise la compréhension juste, et facilite la perception de la vraie valeur des choses extérieures, sans que la conscience en devienne dépendante.

Voir les choses comme elles sont, c’est comprendre qu’elles sont chacune un aspect manifesté de la Vie Unique, et percer le voile de leur multiplicité apparente, c’est être délivré d’une obsession tenace pour telle ou telle chose que l’on imaginait isolée ou exclusive. On trouve la vie de l’esprit dans une compréhension globale libre de tout attachement, et une appréciation dégagée de toute sujétion. C’est une vie de liberté absolue dans laquelle l’esprit pénètre la matière et brille à travers elle sans subir aucun préjudice.

La vraie spiritualité englobe tout

Les choses et les événements de cette existence terrestre paraissent étrangers les uns aux autres tant qu’ils ne se laissent pas emporter par la vague déferlante d’une spiritualité qui embrasse tout. Mais une fois que tous les éléments ont trouvé leur juste place dans le schéma de la vie, on se rend compte que chacun d’entre eux participe à la symphonie de la création. Alors, la spiritualité ne nécessite aucune expression séparée ou exclusive. Il n’est pas dégradant pour elle de s’intéresser aux besoins ordinaires des gens qu’ils soient physiques, intellectuels ou émotionnels. La vie de l’esprit est une existence unifiée et intégrale qui n’admet ni exclusivité ni séparation.

L’amour divin est une réponse créative et dynamique

La vie de l’esprit est une manifestation incessante d’amour divin et de compréhension spirituelle, et ces deux aspects de la divinité sont d’une universalité sans restriction et incluent absolument tout. L’amour divin ne requiert donc aucun contexte spécial pour se manifester. Il n’a nul besoin d’attendre quelques rares moments pour pouvoir s’exprimer, ni de rechercher quelque sombre situation à odeur de sainteté. Il trouve son expression dans tout incident et toute situation qui pourraient passer inaperçus d’une personne non-éclairée, parce que trop insignifiants pour mériter son attention.

L’amour humain ordinaire ne s’exprime que dans certaines conditions favorables. Il se manifeste dans certaines situations dont il dépend. Mais l’amour divin jaillit de la source intérieure est indépendant de tout stimulus. Il s’exprime donc même dans des circonstances qui pourraient être considérées comme peu propices par ceux qui n’ont goûté qu’à l’amour humain. S’il existe un manque de bonheur, de beauté ou de bonté en ceux qui entourent un Maître Parfait, ces choses-là même deviennent pour lui l’occasion de les inonder de son amour divin et de les affranchir de leur pauvreté matérielle ou spirituelle. Les réponses quotidiennes qu’il apporte à l’environnement terrestre sont alors l’expression de la divinité créative et dynamique qui se répand et spiritualise tout ce vers quoi il dirige sa pensée.

La compréhension spirituelle ne naît pas d’une imitation aveugle

La compréhension spirituelle qui est l’aspect complémentaire de l’amour divin dans la vie de l’esprit, diffère de la sagesse terrestre qui est la quintessence des conventions du monde. La sagesse spirituelle n’est pas l’acceptation aveugle des voies du monde. Les voies du monde sont presque toujours le résultat collectif des actions de ceux qui ne pensent qu’au domaine matériel. Les gens attachés aux choses de ce monde font la loi pour eux-mêmes et pour ceux qui pensent comme eux. L’obéissance aveugle aux conventions n’est donc pas nécessairement source de sage action. La vie de l’esprit ne peut être une vie d’imitation sans discernement ; elle doit se fonder sur une vraie compréhension des valeurs.

[Photo 14]

Meherabad, mai 1936

« Je ne suis pas venu pour enseigner, mais pour éveiller »

L’amour présent dans tout l’Univers

La vie et l’amour sont inséparables : là où il y a vie, il y a amour. Même la conscience la plus rudimentaire essaye toujours de faire éclater ses limites et de s’unir à d’autres formes, d’une manière ou d’une autre. Bien que chaque forme soit séparée des autres, elles sont toutes en réalité les formes de la même unité de vie. Même dans le monde de l’illusion, le sens latent de cette réalité intérieure se fait indirectement sentir dans l’attraction d’une forme vers une autre.

L’amour dans la nature inanimée

La loi de la gravitation, à laquelle toutes les planètes et les étoiles sont soumises, est à sa façon, un faible reflet de l’amour qui règne dans tout l’univers. Même les forces de répulsion sont en fait des expressions d’amour, car une chose éprouve de la répulsion envers une autre quand elle est attirée plus puissamment par une troisième. La répulsion est la conséquence négative de l’attraction qui, elle, est positive. Les forces de cohésion et d’affinité qui dominent dans la constitution même de la matière sont des expressions positives d’amour. Un exemple frappant d’amour à ce niveau, c’est celui de l’attraction que l’aimant exerce sur le fer. Toutes ces formes d’amour sont du type le moins développé puisqu’elles sont nécessairement conditionnées par la conscience rudimentaire où elles apparaissent.

L’amour dans le monde animal

Dans le monde animal l’amour se manifeste davantage sous la forme d’impulsions conscientes dirigées vers certains objets de l’entourage. Cet amour est instinctif et prend la forme de la satisfaction de divers désirs par l’appropriation des objets en question. Quand un tigre cherche à dévorer une biche, il est très réellement amoureux d’elle. L’attraction sexuelle est une autre forme d’amour à ce niveau. Toutes les expressions d’amour de ce type ont en commun le fait de chercher à satisfaire une impulsion ou un désir du corps au moyen de l’objet de cet amour.

L’amour humain et la raison doivent s’ajuster

L’amour humain s’élève au-dessus de ces formes inférieures d’amour, parce que la conscience de l’homme est pleinement développée. Bien que l’amour humain fasse suite, d’une certaine manière, aux formes d’amour inférieures pré-humaines, il en diffère par le fait qu’il doive se manifester conjointement avec un nouveau facteur, celui de la raison.

Tantôt l’amour humain se manifeste comme une force entièrement séparée de la raison et qui lui est parallèle.

Tantôt il se manifeste comme une force qui se mêle à la raison et entre en conflit avec elle. Enfin, i1 peut s’exprimer comme l’élément d’un tout harmonieux où l’amour et la raison ont trouvé leur équilibre et se sont fondus en une unité intégrale.

Formes inférieures d’amour

L’amour humain est encerclé d’un certain nombre d’obstacles tels que l’amour fou, le désir charnel, l’avidité, la colère et la jalousie. Mais même ces entraves à l’Amour sont soit des formes inférieures d’amour, soit les inévitables conséquences de ces formes inférieures d’amour. L’amour fou, le désir charnel, l’avidité peuvent être considérés comme des formes d’amour inférieures et faussées. Dans l’amour fou, la personne est amoureuse d’un objet sensuel ; dans le désir charnel, elle éprouve une envie de sensations en rapport avec cet objet, et dans l’avidité, elle désire le posséder. Parmi ces trois formes inférieures d’amour, cette dernière a tendance à se propager de l’objet initial aux moyens de l’obtenir. Ainsi certaines personnes deviennent avides d’argent, de pouvoir ou de célébrité, qui peuvent leur servir d’instruments en vue de posséder les différents objets de leurs désirs. La colère et la jalousie naissent lorsque ces formes inférieures d’amour sont contrariées ou en danger de l’être.

Ces formes inférieures d’amour entravent le jaillissement de l’amour pur. Le flot de l’amour ne peut jamais devenir clair et régulier tant qu’il se perd dans ces formes inférieures limitatrices et dénaturées. Ces formes inférieures d’amour sont les ennemies de sa forme la plus haute. Si la conscience est prise dans le rythme de ce qui est inférieur, elle ne peut s’émanciper des ornières qu’elle s’est elle-même créées et i1 lui devient difficile d’en sortir et d’avancer plus loin. Ainsi les formes inférieures d’amour continuent à entraver le développement de la forme la plus élevée, et doivent nécessairement être abandonnées afin de permettre la libre apparition de la forme d’amour la plus haute.

Amour et désir charnel

L’amour diffère aussi du désir charnel. Avec ce dernier, l’être s’en remet à un objet sensuel auquel il se trouve nécessairement subordonné spirituellement, alors que l’amour le met en rapport direct et coordonné avec la réalité qui se trouve derrière la forme. Le désir charnel est quelque chose de lourd alors que l’amour est léger. Le premier s’accompagne d’un rétrécissement de la vie, le second d’une expansion de l’être. En aimant quelqu’un, vous ajoutez une autre vie à la vôtre. Votre vie s’en trouve multipliée et vous vivez pratiquement dans deux centres. Si vous aimez le monde entier, vous vivez par procuration dans le monde entier. Par contre, le désir charnel s’accompagne d’un déclin de la vie et d’un sentiment général de dépendance sans espoir vis-à-vis d’une forme considérée comme autre. Il y a donc dans le désir charnel une accentuation de la séparation et de la souffrance ; en amour, au contraire, il y a un sentiment d’unité et de joie. Le désir charnel c’est la dissipation, l’amour la re-création. Le désir charnel est un ardent appétit des sens, l’amour, une expression de l’esprit. Le désir charnel recherche l’accomplissement alors que l’amour le vit déjà. Dans le désir charnel, il y a excitation, en amour il y a tranquillité.

Amour et avidité

L’amour diffère aussi de l’avidité. Cette dernière est un désir de possession sous toutes ses formes physiques et subtiles. L’avidité cherche à s’approprier des choses matérielles, des personnes et même des abstractions aussi intangibles que la célébrité et le pouvoir. En amour, il est hors de question d’annexer l’autre personne à sa propre vie individuelle ; il y a un épanchement libre et créatif qui vivifie et nourrit l’être de l’aimé, sans que celui qui aime n’attende rien pour lui-même. Il en découle le paradoxe suivant : l’avidité qui recherche l’appropriation d’un objet, mène en fait au résultat inverse, le moi se trouvant sous la domination de l’objet. Au contraire, l’amour dont le but est un don de soi, entraîne une incorporation spirituelle de l’aimé dans l’être même de celui qui aime. Par l’avidité, le moi essaye de posséder l’objet, mais c’est lui-même qui se trouve possédé par l’objet. Par l’amour, le moi s’offre a l’aimé sans réserve, mais dans cet acte même, il découvre qu’il a inclus l’aimé dans son être propre.

L’amour pur éveillé par la grâce

L’amour fou, le désir charnel et l’avidité sont des maladies spirituelles qui empirent souvent sous l’action aggravante des symptômes de la colère et de la jalousie. En opposition totale avec ceci, l’amour pur est l’épanouissement de la Perfection spirituelle. L’amour humain est tellement prisonnier de ces conditions limitatrices que l’apparition spontanée de l’amour pur venant de l’intérieur devient impossibles. Quand un tel amour pur naît dans le cœur de l’aspirant, c’est toujours un don : l’amour pur naît dans le cœur de l’aspirant en réponse à la descente de la grâce venant d’un Maître Parfait. Quand l’amour pur est reçu comme un don du Maître, il se loge dans la conscience de l’aspirant, comme une graine dans un sol propice et, avec le temps, la graine devient plante et la plante devient arbre.

Préparation spirituelle pour recevoir la grâce

La descente de la grâce du Maître est cependant conditionnée par la préparation spirituelle préliminaire de l’aspirant. Celle-ci n’est complète que lorsque l’aspirant a bâti dans son être intérieur quelques attributs divins. Quand une personne évite de dire du mal des autres et pense davantage à leurs bons côtés qu’à leurs mauvais, quand elle met en pratique une tolérance suprême et désire le bien des autres même au prix de son propre bien-être, elle est prête à recevoir la grâce du Maître. L’un des plus grands obstacles à la préparation spirituelle de l’aspirant est l’inquiétude. Quand, à la suite d’un suprême effort, cet obstacle est renversé, la voie est ouverte, permettant la culture des attributs divins qui constituent la préparation spirituelle du disciple. Dès que le disciple est prêt, la grâce du Maître descend, car le Maître, qui est l’océan d’amour divin, est toujours à l’affût de l’âme où sa grâce pourra fructifier.

L’amour pur est très rare

La sorte d’amour que la grâce du Maître éveille est un privilège rare. La mère prête a tout sacrifier et à mourir pour son enfant, le martyr prêt à donner sa vie pour son pays, sont très nobles, mais ils n’ont pas forcément goûté cet amour pur qui naît par la grâce du Maître. Même les yogis qui sont assis dans les grottes ou au sommet des montagnes, complètement absorbés en état de profond samadhi (transe méditative), n’ont pas nécessairement cet amour précieux.

Amour divin et amour humain

L’amour divin est qualitativement différent de l’amour humain. L’amour humain s’adresse aux formes multiples de l’Un alors que l’amour divin s’adresse à l’Un sous ses formes multiples. L’amour humain conduit à d’innombrables complications et enchevêtrements ; l’amour divin mène à l’intégration et à la liberté. Dans l’amour divin les aspects personnels et impersonnels s’équilibrent ; dans l’amour humain ces deux aspects prédominent alternativement. Quand la note personnelle l’emporte, il s’ensuit un aveuglement total à la valeur intrinsèque des autres formes. Quand, dans le sens du devoir par exemple, l’amour est surtout impersonnel, il rend souvent froid, rigide et mécanique. Le sens du devoir vient à l’individu comme une contrainte extérieure s’exerçant sur sa conduite, mais l’amour divin s’accompagne d’une liberté sans frein et d’une spontanéité sans limite. L’amour humain est limité à la fois dans ses aspects personnel et impersonnel ; l’amour divin, par la fusion de ces deux aspects, est infini en essence et en expression.

Dans l’amour divin, l’amant devient un avec l’Aimé

Même l’amour humain le plus élevé est soumis aux limitations de la nature individuelle qui persiste jusqu’au septième plan d’involution de la conscience. L’amour divin naît après la disparition du mental individuel et est libéré des entraves de la nature individuelle. Dans l’amour humain la dualité de l’amant et de l’aimé demeure, mais dans l’amour divin l’amant et l’Aimé ne font plus qu’un. A ce stade, l’aspirant est sorti du domaine de la dualité et est devenu un avec Dieu, car l’Amour Divin est Dieu. Quand l’amant et l’Aimé sont un, c’est la fin et le commencement.

La dynamique de l’amour

L’amour est le reflet de l’unité de Dieu, dans le monde de la dualité. Il constitue l’entière signification de la création. Si l’amour était exclu de la vie, toutes les âmes dans le monde deviendraient complètement extérieures les unes aux autres, et les seuls rapports et contacts possibles dans un monde sans amour seraient superficiels et mécaniques. C’est à cause de l’amour que les contacts et rapports entre les âmes individuelles prennent un sens. C’est l’amour qui donne sens et valeur à tous les événements du monde de la dualité. Mais, alors même que l’amour donne son sens au monde de la dualité, il est en même temps un défi constant à cette même dualité. A mesure que l’amour acquiert de la force, il engendre une turbulence créatrice et devient la force motrice majeure de cette dynamique spirituelle qui finit par redonner à la conscience l’unité originelle de l’Être.

[Photo 15]

Meherazad, 1955

es douleurs de l’enfantement d’un monde nouveau

L’orage mondial

L’orage qui s’est amoncelé de par le monde connaît actuellement sa plus grande explosion1 et, atteignant son point culminant entraînera un désastre universel. Dans la lutte pour le bien-être matériel, tous les griefs ont pris de fantastiques proportions, et les différends qui ont pu opposer les divers intérêts humains se sont intensifiés au point de précipiter le conflit actuel. L’humanité n’a pas réussi à résoudre ses problèmes tant sur le plan social qu’individuel et son échec est évident. L’incapacité qu’ont les hommes à traiter leurs problèmes constructivement et créativement dénote leur tragique manque de compréhension de la nature fondamentale de l’homme et du vrai but de la vie.

Conflit entre les forces de lumière et les forces des ténèbres

Le monde est témoin d’un intense conflit entre les forces de lumière et les forces des ténèbres. Il existe d’une part, des personnes égoïstes qui recherchent leur bonheur aveuglément à travers leur soif de puissance, leur avidité effrénée, et leur haine implacable. Ignorantes du but réel de la vie, elles ont sombré au niveau de culture le plus bas. Elles ensevelissent leur moi le plus élevé sous les décombres de ce qui reste du passé mort. Bornées par leurs conceptions limitées et leurs intérêts d’ordre matériel, elles ont oublié leur destinée divine. Elles ont perdu leur chemin, et leur cœur est dévasté par les ravages dus à la haine et à la rancune. Il existe d’autre part des personnes dont le moi supérieur inhérent se révèle à la faveur des souffrances et des privations qu’elles endurent, et des nobles actes de bravoure et de sacrifice qu’elles accomplissent. La guerre actuelle enseigne à l’homme à être brave, et à être capable de souffrir, de comprendre et de se sacrifier.

Nécessité d’un remède à l’égoïsme

L’humanité est malade d’égoïsme, et elle aura besoin d’un remède à la fois universel dans son application, et énergique par sa nature. L’égoïsme est si profondément enraciné qu’on ne peut l’extraire qu’en l’attaquant de tous cotés. La paix et le bonheur réels naîtront spontanément

lorsque l’on se sera débarrassé de l’égoïsme. La paix et le bonheur qu’engendrent l’amour et le don de soi sont permanents. Même les pires pécheurs peuvent devenir de grands saints, s’ils ont le courage et la sincérité d’accepter une transformation complète et radicale de leur cœur.

L’homme en aura assez de ses envies, de son avidité, de sa haine

Le chaos et la destruction actuels engouffreront le monde entier, mais dans l’avenir tout ceci sera suivi d’une très longue période dépourvue de guerre. Les souffrances et les misères passagères de notre époque auront valu la peine d’être endurées, au regard de la longue période de bonheur qui finira par s’ensuivre. Où le chaos présent conduira-t-il? Comment tout cela finira-t-il? D’une seule et unique façon : l’humanité en aura assez. L’homme en aura assez de vouloir toujours quelque chose, assez de combattre par haine. L’avidité et la haine atteindront une telle intensité que chacun en sera fatigué. On découvrira alors que la seule issue à cette impasse réside dans le don de soi. La seule solution possible sera de cesser de haïr, pour aimer; cesser de vouloir, pour donner; et cesser de dominer, pour servir.

La souffrance engendre la compréhension

Toute grande souffrance éveille une grande compréhension. La souffrance suprême remplit son but et reçoit toute sa signification lorsqu’elle éveille une humanité épuisée, et provoque en elle l’authentique désir d’une compréhension réelle. Une souffrance sans précédent engendre une poussée spirituelle sans précédent. Elle permet de bâtir la vie sur les fondations inébranlables de la Vérité. Il est maintenant grand temps que cette souffrance universelle accélère l’humanité vers le tournant de son histoire spirituelle; grand temps que les souffrances même de notre époque deviennent l’instrument qui amènera une compréhension réelle aux rapports humains; grand temps pour l’humanité de regarder franchement en face les véritables causes de la catastrophe qui l’a submergée. Il est maintenant grand temps de rechercher une nouvelle expérience de la Réalité. Savoir que la vie est réelle et éternelle, c’est hériter d’une impérissable félicité. Il est temps que l’homme fasse cette réalisation en s’unissant à son propre Moi.

Affirmation de la Vérité

En s’unissant à son Être supérieur, l’homme perçoit l’Etre infini dans tous les êtres individuels. Il devient libre parce qu’il dépasse et abandonne les limitations d’une vie dominée par l’ego. L’âme individuelle doit réaliser en pleine conscience son identité avec l’Âme Universelle. L’homme réorientera sa vie à la lumière de cette Vérité éternelle, et il rectifiera son attitude envers son prochain dans la vie quotidienne. Percevoir la valeur spirituelle de l’Unicité, c’est promouvoir une unité et une coopération réelles. La fraternité devient alors le résultat spontané d’une perception vraie. La vie nouvelle qui est fondée sur la compréhension spirituelle est une affirmation de la Vérité. Elle n’est pas du domaine de l’utopie; elle est absolument pratique. L’humanité, qui est actuellement plongée dans le feu de conflits sanglants, apprend au moyen d’une immense douleur, combien instable et vaine est la vie fondée sur des conceptions purement matérielles. L’heure est proche où l’homme dans sa poursuite acharnée du bonheur réel, se mettra à la recherche de sa véritable source.

Recevez l’amour divin par l’intermédiaire du Dieu-Homme

L’heure est aussi venue où l’humanité recherchera ardemment le contact avec la Vérité incarnée sous la forme du Dieu-Homme (Avatar), afin que Celui-ci l’inspire et l’élève à la compréhension spirituelle. Elle acceptera d’être guidée par une autorité divine. Et seul un déversement d’amour divin peut amener un éveil spirituel. En cette époque critique de souffrance universelle, les hommes deviennent prêts à se tourner vers leur Moi Supérieur et à accomplir la volonté de Dieu. L’Amour Divin opérera le miracle suprême : il fera entrer Dieu dans le cœur de l’homme, et l’installera dans un bonheur vrai et durable. Il pourvoira aux aspirations et aux besoins les plus profonds de l’humanité. L’Amour Divin rendra les gens désintéressés et généreux dans leurs rapports mutuels, et apportera la solution ultime à tous les problèmes. La nouvelle fraternité sur terre sera un fait accompli, et les nations seront unies dans une relation faite d’Amour et de Vérité.

C’est pour cet Amour et cette Vérité que j’existe. À l’humanité souffrante, Je dis : espérez. Je suis venu pour vous aider à vous abandonner à la cause de Dieu, et à accepter sa grâce faite d’Amour et de Vérité. Je suis venu pour vous aider à remporter la victoire de toutes les victoires : gagner votre Moi.

Douze façons de me réaliser

1. Désir ardent

Si vous éprouvez pour moi le même désir ardent et la même soif d’union que ceux qu’éprouve pour l’eau une personne exposée depuis des jours au chaud soleil du Sahara, alors vous me réaliserez.

2. Calme mental

Si vous avez le calme d’un lac gelé, là aussi vous me réaliserez.

3. Humilité

Si vous avez l’humilité de la terre que l’on peut modeler sous n’importe quelle forme, alors vous me connaîtrez.

4. Désespoir

Si vous éprouvez le désespoir qui conduirait une personne au suicide et sentez que vous ne pouvez pas vivre sans me voir, alors vous me verrez.

5. Foi

Si vous avez la foi totale que Kalyan avait pour son Maître – convaincu qu’il faisait nuit en plein jour parce que son Maître l’affirmait – alors vous me connaîtrez.

6. Fidélité

Si vous avez la même fidélité que votre souffle qui vous tient compagnie jusqu’à votre dernier jour – sans même que vous vous en rendiez toujours compte, dans le bonheur comme dans le malheur, ne se retournant jamais contre vous – alors vous me connaîtrez.

7. Maîtrise par l’amour

Quand votre amour pour moi vous détournera des appétits de vos sens, alors vous me réaliserez.

8. Service désintéressé

Si vous avez cette qualité de service désintéressé non affecté par les résultats, semblable au soleil qui sert le monde en brillant sur toute la création – sur l’herbe des champs, les oiseaux du ciel, les animaux de la forêt, sur toute l’humanité avec ses pécheurs et ses saints, ses riches et ses pauvres – indifférent à l’attitude que l’on peut avoir envers lui, alors vous me gagnerez.

9. Renoncement

Si vous renoncez pour moi à tout ce qui est physique, mental et spirituel alors vous m’obtiendrez.

10. Obéissance

Si votre obéissance est aussi spontanée, totale et naturelle que la lumière l’est à l’œil ou l’odeur au nez, alors vous viendrez à moi.

11. Abandon

Si vous vous abandonnez à moi de tout votre cœur comme celui qui, souffrant d’insomnie, s’abandonne soudain au sommeil sans peur de se perdre, alors vous m’obtiendrez.

12. Amour

Si vous avez pour moi l’amour que Saint François avait pour Jésus, alors non seulement vous me réaliserez mais vous me plairez.

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[Photo 16]

Poona, 1957

« Ne vous inquiétez pas ; soyez heureux ! »

Pearl Diver

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——–[couillard]——-

Pénétrer l’essence de tout être et de toute signification et exhaler le parfum de cet accomplissement intérieur de manière à guider et enrichir les autres, en exprimant dans le monde des formes, la vérité, l’amour, la pureté et la beauté, tel est le seul jeu qui ait une valeur intrinsèque et absolue. Tous autres événements, incidents et accomplissements ne peuvent avoir par eux-mêmes aucune importance durable.

Alors qu’à Dehra Dun, en Inde, dans le mois de septembre 1953, la « Vie libre ardente » de Meher Baba atteignait son zénith, le 7 de ce mois-là, à la date reconnue de la naissance de Zoroastre, Baba fit l’une de ses plus importantes déclarations. Elle résume en un langage explicite ce que signifie le Dieu-Homme.

Consciemment ou inconsciemment, directement ou indirectement, chacune des créatures, chacun des êtres humains, sous une forme ou une autre, s’évertue à affirmer l’individualité. Mais quand, en fin de compte, l’homme a consciemment l’expérience qu’il est Infini, Éternel et Indivisible, alors il est pleinement conscient de son individualité en tant que Dieu, et il fait ainsi l’expérience de la Connaissance Infinie, de la Puissance Infinie et de la Félicité Infinie. Ainsi l’Homme devient Dieu et on le reconnaît comme Maître Parfait, Sadgourou ou Qutub. Adorer cet Homme, c’est adorer Dieu.

Quand Dieu se manifeste sur terre sous la forme d’un homme et révèle sa Divinité à l’humanité, on le reconnaît comme l’Avatar, le Messie, le Prophète. Ainsi Dieu devient Homme.

Ainsi le Dieu infini, d’âge en âge, à travers tous les cycles, veut, par sa Miséricorde Infinie, accomplir sa Présence parmi l’humanité en s’abaissant au niveau humain sous forme humaine ; mais sa présence physique au sein des hommes n’est pas perçue et on le considère comme un homme ordinaire qui appartient au monde. Toutefois, quand il affirme sa divinité en se proclamant l’Avatar de l’époque, Il est adoré par certains qui L’acceptent comme Dieu ; il est glorifié par quelques-uns qui Le reconnaissent comme Dieu sur terre. Mais invariablement le sort du reste de l’humanité veut qu’elle le rejette, tandis qu’il est physiquement en son sein.

Ainsi Dieu en tant qu’homme se proclame Avatar et se laisse persécuter et torturer, humilier et condamner par l’humanité, pour l’amour de laquelle il s’est abaissé. Par sa très grande humiliation, il rend possible que l’humanité, par le fait même de condamner la manifestation de Dieu comme Avatar, reconnaisse, bien qu’indirectement, l’existence de Dieu, infini et éternel.

L’Avatar est toujours un et le même parce que Dieu est toujours un et le même. Cet Avatar, éternellement un et le même, Se manifeste à nouveau de temps à autre, et dans des cycles différents. Il adopte des formes différentes et des noms différents, et apparaît à des endroits différents pour révéler la vérité sous des aspects différents et dans des langues différentes. Il fait tout cela pour sortir l’humanité de son ignorance et l’aider à se libérer des liens de l’illusion.

Parmi les manifestations de Dieu les plus connues et les plus révérées en tant qu’Avatar, la première est celle de Zarathoustra. Il vint avant Rama, Krishna, Bouddha, Jésus, et Mahomet. Il y a des milliers d’années, il révéla au monde la nature de la vérité, sous forme de trois préceptes fondamentaux : bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions.

L’Avatar de l’époque développe constamment ces préceptes pour l’humanité d’une façon ou d’une autre et l’amène ainsi peu à peu à la vérité. Mettre en pratique ces préceptes n’est pas si facile qu’il semble, mais n’est cependant pas impossible. Encore qu’accorder sa vie à eux est aussi infiniment difficile que de s’essayer à une mort vivante au sein même de la vie.

Le monde est plein de sadhus, mahatmas, mahapurushas, saints, yogis, et walis. Les rares qui soient authentiques se placent dans une catégorie qui leur est propre, ni au niveau de l’être humain ordinaire, ni au niveau du Très-Haut.

Je ne suis ni un mahatma, ni un mahapurush, ni un sadhu, ni un saint, ni un yogi, ni un wali. À ceux qui viennent à moi dans l’espoir de faire fortune ou de conserver leurs biens, de trouver soulagement à leurs maux, ou de combler leurs ambitions mondaines, à ceux-là je déclare une fois de plus que je ne suis pas un sadhu, un saint, un mahatma, un mahapurush, ou un yogi. Attendre de moi ces choses est s’exposer à la déception totale. Encore que cette déception ne soit qu’apparente, car, finalement, elle est un moyen d’arriver à la transformation complète des désirs terrestres.

Les sadhus, les saints, les yogis, les walis et autres qui sont sur la via media, peuvent accomplir des miracles et le font. Ils donnent ainsi satisfaction aux besoins matériels passagers de ceux qui viennent à eux pour être aidés.

Mais je ne suis pas un sadhu, ni un saint, ni un yogi, ni un mahapurush, ni un wali. Alors que suis-je ? La conclusion naturelle serait que ou bien je suis simplement un être humain quelconque, ou alors je suis le Très-Haut. Je ne peux en tout cas être inclus parmi ceux qui ont le statut intermédiaire de véritables sadhus, saints, yogis, etc…

Si je ne suis qu’un homme quelconque, mes capacités et mes pouvoirs sont limités. Je ne suis pas différent d’un autre être humain. Dans ce cas les gens ne devraient attendre aucune aide surnaturelle de ma part sous forme de miracle ou de direction spirituelle. De même, venir à moi pour voir leurs désirs s’accomplir serait parfaitement absurde.

D’autre part, si je suis au-dessus du niveau de l’être humain ordinaire et très au-dessus du niveau des saints et des yogis, je dois être le Très-Haut. Dans ce cas, me juger avec l’intelligence humaine et venir à moi avec des désirs terrestres relèverait de l’ignorance ou de la folie complètes.

Si je suis le Très-Haut, ma volonté est la loi, mes souhaits gouvernent la loi, et mon amour maintient l’univers. Et alors, vos malheurs apparents et vos souffrances passagères ne sont que l’effet de mon amour qui vous amènera au bien ultime. Donc espérer de moi l’aide pour sortir d’un pas difficile, ou la satisfaction de désirs terrestres serait me demander de faire l’impossible : défaire ce que j’ai établi.

Si vous acceptez Baba comme le Très-Haut avec toute la profondeur de votre foi, il vous convient de mettre votre vie à ses pieds et non plus de solliciter la satisfaction de vos désirs. Non pas seulement cette vie là, mais vos millions de vies, ne représenteraient qu’un maigre sacrifice aux pieds de quelqu’un comme Baba qui est le Très-Haut. Car l’amour sans limites de Baba est l’unique guide sûr qui pourra vous diriger dans les innombrables détours de votre vie passagère.

Je n’ai pas d’obligation envers ceux qui me donnent tout : corps, esprit, biens dans un but intéressé. Et je ne peux tomber dans le piège de ceux qui se donnent à moi parce qu’ils ont compris que pour gagner le trésor éternel de la félicité, ils doivent renoncer aux possessions éphémères. Leur abandon est entaché du désir d’obtenir plus. Ils ne se donnent donc pas complètement.

Tous vous devez savoir que, si je suis le Très-Haut, mon rôle exige que je vous dépouille de tous vos biens et de tous vos besoins, que je détruise tous vos désirs et fasse de vous un être sans désirs ni besoins. C’est ce que je dois faire plutôt que de satisfaire vos désirs. Les sadhus, les saints, les yogis, et les walis, peuvent vous donner ce que vous voulez, mais moi, je supprime vos besoins, je vous délivre des attachements, et je vous libère de l’esclavage de l’ignorance. Je suis celui qui prend ce que vous désirez, non pas celui qui vous le donne.

Les intellectuels ne pourront jamais me comprendre avec leur seul intellect. Il est impossible à l’intellect de me mesurer si je suis le Très-Haut, et mes desseins sont impénétrables à l’esprit humain.

Je ne suis pas touché par ceux qui, par amour pour moi, me révèrent en une admiration béate. Je ne le suis pas non plus par ceux qui me ridiculisent et me montrent du doigt avec mépris. Je ne suis pas non plus ici pour m’entourer de millions d’ouailles. Je suis ici pour les élus qui, dispersés dans la masse, viennent en silence me faire don de tout : leurs corps, leur esprit, et leurs biens.

Bien plus, je suis ici pour ceux qui, ayant tout donné, ne pensent plus jamais à ce qu’ils ont donné. Ils sont à moi, ceux qui sont prêts à renoncer même à la simple pensée de leur renoncement, ceux qui, toujours vigilants au sein de la plus grande agitation, attendent leur tour d’offrir leur vie pour la cause de la liberté sur un simple coup d’œil de ma part. Ceux qui ont le courage indomptable d’affronter avec le sourire les pires calamités, ceux qui ont une foi inébranlable en moi et brûlent d’impatience de répondre à mes moindres désirs au prix de leur bonheur et de leurs commodités, ceux-là en vérité m’aiment réellement.

À mon point de vue, l’athée qui accepte loyalement ses responsabilités terrestres et les assume consciencieusement vaut mieux que celui qui se veut un fervent de Dieu et n’hésite pas à se décharger des responsabilités qui lui sont imparties par la loi divine ; il a recours aux sadhus, aux saints, ou aux yogis pour qu’ils allègent les souffrances qui lui auraient permis d’effectuer sa libération finale.

Avoir l’œil fixé sur les plaisirs de la chair, et attendre de l’autre une étincelle de bonheur éternel représente non seulement l’impossible, mais surtout le comble de l’hypocrisie.

Je ne peux espérer de vous que vous compreniez d’un coup ce que je veux que vous sachiez. J’ai le devoir de vous réveiller de temps en temps à travers les âges et de jeter dans vos esprits limités la semence qui en son temps et bien soignée par vous, germera et donnera le fruit de la connaissance véritable qui vous est réservé par droit de naissance.

Si d’autre part, poussés par votre ignorance, vous persistez à poursuivre votre chemin, personne ne pourra arrêter votre progression. C’est aussi une progression qui, après d’innombrables incarnations, vous amène à réaliser ce que je veux que vous sachiez maintenant.

Éveillez-vous maintenant et n’attendez pas plus longtemps pour échapper à l’emprise de l’illusion et des souffrances que l’on se crée soi-même ; elles ne découlent que de votre ignorance de la fin véritable. Écoutez-moi, et faites des efforts pour vous libérer en remettant l’ignorance à la place qui lui convient. Soyez honnêtes avec vous-mêmes et avec Dieu. On peut tromper ses voisins et même le monde entier, on ne peut échapper au savoir de l’Omniscient. Telle est la loi divine.

Ne me cherchez pas pour vous sortir d’un mauvais pas, mais trouvez-moi pour vous abandonner sincèrement à ma volonté. Ne vous accrochez pas à moi, pour un bonheur terrestre et des commodités éphémères, mais attachez-vous à moi dans la foule et dans la solitude, et sacrifiez à mes pieds votre bonheur et vos commodités. Que mon bonheur soit votre joie, et mes commodités votre repos.

Ne me demandez pas la faveur d’un bon travail. N’ayez que le désir de me servir avec plus de diligence et d’honnêteté, et n’attendez aucune récompense.

Ne me suppliez pas de sauver votre vie ou la vie de ceux qui vous sont chers. Suppliez-moi seulement de vous accepter et de vous permettre d’offrir votre vie pour moi.

N’espérez jamais que je guérisse les maux de votre corps. Implorez-moi plutôt pour que je vous guérisse de votre ignorance.

Ne tendez jamais la main dans l’espoir de recevoir quelque chose de moi. Joignez plutôt vos mains pour me glorifier, car vous êtes venus à moi comme au Très-Haut.

Si je suis le Très-Haut, il n’y a rien d’impossible pour moi. Et pourtant j’ai dit souvent que je ne fais pas de miracles pour satisfaire les besoins des individus car cela ne servirait qu’à les emprisonner encore plus dans le filet de l’existence éphémère. Mais à certains moments, et pour aider à l’élévation spirituelle et au bien-être de l’humanité et de toutes les créatures, je manifeste mon pouvoir infini sous la forme de miracles.

Cependant des individus qui m’aiment et qui ont foi en moi ont eu souvent des expériences miraculeuses que l’on attribue à ma grâce ou nazar. Mais je veux que vous sachiez tous qu’il n’est pas convenable que ceux qui m’aiment attribuent ces expériences miraculeuses à ma condition de Très-Haut. Si je suis le Très-Haut, je suis au-dessus de ce genre d’amusement de maya.

Donc, les expériences miraculeuses décrites par ceux qui m’aiment, ou par ceux qui m’aiment sans le savoir par d’autres voies ne sont que le produit de leur foi solide en moi. Cette foi inébranlable intervient souvent au cours du jeu de maya et produit ainsi ce que l’on appelle des miracles. Ces expériences qui découlent d’une foi solide n’enchaînent pas plus l’individu à l’illusion, au contraire elles finissent par lui être profitables.

Si je suis le Très-Haut, un souhait de ma volonté infinie peut faire que tous et chacun réalisent Dieu en un instant, brisant ainsi les chaînes de l’ignorance de toutes les créatures de la création. Bénie soit la connaissance qui est obtenue de l’expérience de l’ignorance en accord avec la loi divine. Cette connaissance s’obtiendra au milieu de l’ignorance grâce à l’enseignement des Maîtres Parfaits et à l’abandon à la volonté du Très-Haut.

D’âge en âge, quand la flamme de la rectitude vacille, l’Avatar revient pour ranimer la torche de l’amour et de la vérité. Âge après âge, au milieu du bruit et de la fureur de la guerre, de la peur et du chaos, l’Avatar ne cesse de clamer :

« VENEZ TOUS À MOI. »

Et même si la chape de l’illusion fait que cet appel de l’Éternel résonne comme une voix dans le désert, l’écho en subsiste à travers le temps et l’espace et va réveiller de leur lourd sommeil d’ignorance quelques-uns d’abord, puis des millions et des millions.

Au cœur de l’illusion, Voix derrière toutes les voix, elle appelle l’humanité à témoigner de la présence de Dieu parmi les hommes.

Le temps est venu. Je vous le répète, venez tous à moi.

Mon appel réjouit le cœur de ceux qui ont tout enduré patiemment pour l’amour de Dieu et qui n’ont aimé Dieu que pour l’amour de Dieu. Il y en a d’autres qui ont peur et qui tremblent, et qui voudraient fuir ou lui résister. Et d’autres encore sont troublés et n’arrivent pas à comprendre pourquoi le Très-Haut doit faire cet appel à l’humanité.

Malgré les doutes ou les convictions des gens, je reviens comme Avatar à cause de l’infini que je ressens pour chacun et pour tous. Soumis au jugement de l’humanité ignorante, je reviens quand même pour aider l’homme à distinguer le vrai du faux.

Au début, on ne fait pas très attention à l’appel divin car il est étouffé dans les plis du manteau d’infinie et véritable humilité de l’Éternel. Puis grâce à sa force, il augmente de volume jusqu’à être entendu dans d’innombrables cœurs et être reconnu comme la voix de la réalité.

De la force naît l’humilité. La modestie dénonce la faiblesse. Seul celui qui est vraiment grand peut être vraiment humble.

Quand un homme admet sa véritable grandeur en toute connaissance de cette grandeur, il exprime l’humilité. Il a accepte sa grandeur comme parfaitement naturelle, et se contente d’exprimer ce qu’il est, tout comme un homme n’hésiterait pas à admettre qu’il est un homme.

Si un véritable grand homme, qui se sait être véritablement grand, niait sa grandeur, il déprécierait ce qu’il est. La modestie appelle le déguisement, la vraie grandeur n’a pas à se dissimuler.

Mais si un homme parle d’une grandeur qu’il sait très bien ne pas avoir, cet homme est le plus grand des hypocrites.

L’honnête est celui qui, sachant qu’il n’est pas grand, reconnaît avec franchise et fermeté qu’il n’est pas grand.

Beaucoup, qui ne sont pas grands, affichent un air humble, bien qu’ils soient convaincus de leur propre valeur. Ils ne cessent d’exprimer leur humilité, en paroles et en actions et font profession de serviteurs de l’humanité.

Une apparence d’humilité n’est pas la véritable humilité. La véritable humilité émane spontanément et continuellement de la force de ceux qui sont vraiment grands. On ne devient pas humble en proclamant qu’on l’est. Le perroquet peut répéter sans fin « Je suis un homme », cela ne fera pas de lui un homme.

Ne pas posséder la grandeur vaut mieux que de se l’inventer en faisant montre d’humilité.

Ces efforts d’humilité ne démontrent aucune force ; bien plutôt, ils sont l’expression d’une modestie née d’une faiblesse qui est le résultat d’un manque de connaissance de la réalité.

Prenez garde à la la modestie. Sous les dehors de l’humilité, elle entraîne l’homme dans les affres de l’auto-illusion. La modestie alimente l’égoïsme et l’homme se laisse finalement aller à l’orgueil, entraîné par une soi-disant humilité.

La plus grande des grandeurs et la plus grande des humilités vont de pair naturellement et sans effort.

Quand le Plus Grand de tous dit : « Je suis le Plus Grand », ce n’est que l’expression spontanée d’une vérité infaillible. La force de sa grandeur ne réside pas dans la résurrection des morts. mais dans sa profonde humiliation, lorsqu’il Se permet d’être ridiculisé, torturé et crucifié par ceux qui sont faibles de corps et d’esprit. A travers les âges, l’humanité n’a pas été capable de prendre la mesure des profondeurs d’humilité sur lesquelles s’élève la grandeur de l’Avatar. Ils jugent sa divinité par les standards que les religions leur ont fournis. Et même les vrais saints et les sages, qui pourtant ont une certaine connaissance de la vérité, n’ont pas su comprendre la grandeur de l’Avatar quand ils ont été mis en présence de Son humilité réelle.

L’histoire se répète à travers les âges. Dans leur ignorance, leurs limitations, et leur orgueil, hommes et femmes s’érigent en juges du Dieu fait homme qui déclare sa Divinité, et Le condamnent pour avoir énoncé des vérités qu’ils ne peuvent comprendre. Mais Il est indifférent aux injures et aux persécutions, car dans sa véritable compassion, Il comprend ; dans Son expérience de la réalité, Il sait ; et dans sa miséricorde infinie, Il pardonne.

Dieu est tout, Dieu sait tout, Dieu fait tout. Quand l’Avatar proclame qu’il est l’Éternel, c’est Dieu qui proclame sa manifestation sur terre. Quand l’homme parle pour ou contre l’Avatar, c’est Dieu qui parle par sa bouche. C’est Dieu seul qui Se proclame à travers l’Avatar et à travers l’humanité.

Je vous dis, avec toute mon autorité divine, que vous et moi ne sommes pas nous, mais Un. Inconsciemment vous ressentez en vous ma condition d’Avatar. Je ressens consciemment en vous ce que chacun de vous ressent. Ainsi chacun de vous est l’Avatar, dans le sens où chacun et chaque chose est Chacun et Chaque Chose, tout en même temps et pour tout le temps.

Il n’y a rien d’autre que Dieu. Il est la seule réalité et nous sommes tous un dans l’Unicité indivisible de cette réalité absolue.

Quand celui (homme) qui a réalisé Dieu, dit : « Je suis Dieu, vous êtes Dieu, et nous sommes tous Un » et quand il éveille aussi ce sentiment dans Ses différents « moi » enchaînés à l’illusion (l’humanité), il n’est plus question de grands et petits, riches et pauvres, humbles et modestes, bons et mauvais. L’homme est conduit à faire des distinctions illusoires et à classer les résultats par catégories, en raison de son idée erronée de dualité.

J’affirme et je répète dans mon expérience éternelle de la réalité : il n’y a pas de différence entre les riches et les pauvres. Si pourtant se posait encore à moi la question de la différence entre l’abondance et l’indigence, je considérerais comme un véritable pauvre celui qui posséderait des richesses terrestres mais serait privé de la fortune d’aimer Dieu. Je saurais que celui qui n’aurait rien en propre, mais posséderait le trésor de l’amour de Dieu, celui-là serait vraiment riche. Sa pauvreté cause l’envie des rois et elle fait son esclave du Roi des rois.

Aux yeux de Dieu, la seule différence entre les riches et les pauvres est l’intensité et la sincérité de leur désir de Dieu.

Seul l’amour de Dieu peut faire découvrir la fausseté de l’ego, base de la vie éphémère. Seul l’amour de Dieu peut vous apporter la découverte de l’ego illimité, base de l’existence éternelle. L’Ego Divin s’exprime continuellement, mais l’homme aveuglé par le voile de l’ignorance ne sait pas comprendre cet Ego indivisible et l’interprète comme un ego limité et séparé.

Écoutez bien quand je dis, avec mon autorité divine, que l’unicité de la réalité est dans tout et est tout à fait illimitée.

Ainsi, non seulement nous ne sommes qu’un, mais le terme collectif « nous » n’a pas sa place dans l’Unicité infinie et indivisible.

Sortez de votre ignorance et essayez au moins de comprendre que, dans cette Unicité complètement indivisible, il y a non seulement l’Avatar Dieu, mais aussi la fourmi et le moineau, et chacun et vous tous n’êtes que Dieu. La seule différence apparente est dans les états de conscience.

L’Avatar sait que le moineau n’est pas un moineau, alors que le moineau n’en n’a pas conscience. Ignorant de son ignorance, il s’identifie comme moineau.

Ne vivez pas dans l’ignorance. Ne perdez pas votre temps précieux à classer et juger votre prochain, mais apprenez à désirer ardemment l’amour de Dieu. Même au sein de vos activités terrestres ne vivez que pour trouver et réaliser votre véritable identité avec votre Dieu bien-aimé.

Soyez purs et simples, et montrez votre amour pour tous, car tous sont Un. Menez une vie sans hypocrisie, soyez naturels et honnêtes avec vous-mêmes.

L’honnêteté vous préservera de la fausse modestie et vous donnera la force de l’humilité vraie. N’épargnez aucune peine pour aider autrui. Ne cherchez d’autre récompense que le don du divin amour. Aspirez à ce don sincèrement et intensément, et je vous promets au nom de mon honnêteté divine, de vous donner beaucoup plus que ce à quoi vous aspirez.

Je vous donne ma bénédiction pour que l’étincelle de mon amour divin implante dans votre cœur le désir ardent et profond de l’amour de Dieu.

Je n’accorde aucune importance aux croyances, aux dogmes, aux castes, ni à la célébration de cérémonies et de rites religieux. J’insiste par contre, sur l’importance de la compréhension des sept Réalités suivantes :

1. La seule EXISTENCE RÉELLE est l’existence de Dieu, un et unique, qui est le seul Être en chaque être limité.

2. Le seul AMOUR RÉEL est l’amour que l’on éprouve pour cet Infini (Dieu), amour qui éveille le désir intense de voir, de connaître sa Vérité (Dieu) et de s’y unir.

3. Le seul SACRIFICE RÉEL est celui qui, pour atteindre cet amour, consiste à sacrifier toutes choses : corps, mental, position sociale, bien-être, et même la vie.

4. Le seul RENONCEMENT RÉEL est celui par lequel on abandonne toute pensée et tout désir égoïste, tout en remplissant les devoirs de ce monde.

5. La seule CONNAISSANCE RÉELLE est la connaissance que Dieu est aussi bien dans les bons que dans ceux que l’on appelle pécheurs. Cette connaissance exige que vous aidiez chacun pareillement selon les circonstances, sans attendre de bienfait en retour, et que, si vous êtes contraint de prendre part à une querelle, vous agissiez sans la moindre trace d’hostilité ou de haine ; que vous essayiez de rendre les autres heureux avec un sentiment fraternel envers chacun, et que vous ne fassiez de mal à personne en pensée, en parole ou en action, pas même à ceux qui vous font du mal.

6. Le seul CONTRÔLE RÉEL est la discipline des sens qui permet de résister aux désirs inférieurs, et qui seule garantit une pureté absolue de caractère.

7. Le seul ABANDON DE SOI RÉEL est celui où l’équilibre intérieur ne se laisse troubler par aucune circonstance adverse, et où l’individu, au milieu de toutes sortes de difficultés, s’en remet calmement à la volonté de Dieu.

MEHER BABA[16]

[Dessin Mastery in Servitude]

Prière universelle

Cette prière a été dictée par Meher Baba et a été récitée chaque jour par un des mandali (disciples) en sa présence durant les vingt-et-un jours de son « Travail Spécial » (du 13 août au 2 septembre 1953). Un autre des mandali lisait aussi la traduction de la prière en gujarati.

Ô Parvardigar, Le Sauveur et Protecteur de tout !

Tu es sans commencement et sans fin [17] ;

Sans dualité, au-delà de toute comparaison ; et personne ne peut Te mesurer.

Tu es sans couleur, sans expression, sans forme et sans attribut.

Tu es illimité et insondable, au-delà de l’imagination et de la conception ; éternel et impérissable

Tu es indivisible ; et nul ne peut Te voir, qu’avec des yeux divins.

Tu as toujours été, Tu es toujours et Tu seras toujours.

Tu es partout, Tu es dans tout ; et Tu es aussi au-delà de tout lieu et au-delà de toute chose.

Tu es dans le firmament et dans les profondeurs. Tu es manifesté et non manifesté, sur tous les plans et au-delà de tous les plans.

Tu es dans les trois mondes et au-delà des trois mondes.

Tu es imperceptible et indépendant.

Tu es le Créateur, le Seigneur des Seigneurs, Celui qui connaît l’esprit et le cœur de chacun ; Tu es omnipotent et omniprésent.

Tu es Connaissance Infinie, Puissance Infinie et Félicité Infinie.

Tu es l’Océan de Connaissance, Toute Connaissance, Infinie Connaissance ; Celui qui connaît le passé, le présent et l’avenir ; et Tu es la Connaissance elle-même.

Tu es toute miséricorde et éternellement bienveillant.

Tu es l’Âme des âmes, l’Unique aux attributs infinis.

Tu es la trinité de Vérité, de Connaissance et de Félicité.

Tu es la Source de Vérité, l’Océan d’Amour.

Tu es l’Ancien, le Plus Haut des Hauts ; Tu es Prabhou et Parameshwar ; Tu es Dieu Au-delà et Dieu Au-delà de l’Au-delà aussi ; Tu es Parabrahma, Allah, Ilahi, Yezdan, Ahouramazda, et Dieu le Bien-Aimé.

On Te nomme Izad, le Seul digne d’être adoré.

[Photo 17]

Guruprasad, Poona, Darshan de 1965

La manière la plus pratique d’aimer Dieu est d’aimer les autres êtres humains. Si nous éprouvons pour les autres les mêmes sentiments que nous avons pour ceux qui nous sont chers, nous aimons Dieu.

Si, au lieu de voir les défauts des autres, nous regardons en nous-mêmes, nous aimons Dieu.

Si, au lieu de prendre aux autres pour nous servir, nous nous privons pour aider les autres, nous aimons Dieu.

Si nous souffrons de la souffrance des autres et sommes heureux de leur bonheur, nous aimons Dieu.

Si, au lieu de nous faire du souci au sujet de nos propres infortunes, nous nous considérons plus chanceux que beaucoup d’autres, nous aimons Dieu.

Si nous endurons notre sort avec patience et contentement, en l’acceptant comme étant sa Volonté, nous aimons Dieu.

Si nous comprenons et ressentons que le plus grand acte de dévotion et d’adoration envers Dieu est de ne faire de mal, ni de causer de tort, à aucune de Ses créatures, nous aimons Dieu.

Pour aimer Dieu comme Il devrait être aimé, nous devons vivre pour Dieu et mourir pour Dieu, sachant que le but de la vie est d’aimer Dieu, et de le trouver en soi car il est notre être même.

à propos

de l’Avatar Meher Baba

De nombreux ouvrages ont été consacrés à la vie et l’œuvre de l’Avatar Meher Baba. Plusieurs de ces livres sont constitués presque exclusivement de ses propres mots, messages et discours. Parmi ceux-ci, les trois livres suivants méritent une attention particulière :

Dieu parle (Meher Baba)

Ce livre unique en son genre, sous-titré « Le thème de la Création et son but », traite exclusivement de la mécanique de l’univers et comment la conscience se développe à travers les stades de l’évolution, de la réincarnation et enfin de l’involution (le Chemin Spirituel). C’est une méditation par la lecture qui mène à une profonde compréhension intuitive du sens caché derrière les innombrables formes et créatures dans le monde. Le livre explique les différents plans de conscience en détail, décrivant les expériences que fait le chercheur tandis qu’il emprunte le Chemin vers l’Union avec Dieu (Conscience Infinie). Il explique la nature et les types de miracles, les quatre types de Libération, des détails concernant la hiérarchie spirituelle et d’innombrables autres sujets, tout en liant entre elles les terminologies spirituelles du soufisme, du vedanta et du mysticisme Occidental. Surtout, le livre montre clairement les différences en pouvoir et en autorité entre les différentes sortes d’enseignants et de maîtres : les yogis, les saints, les Maîtres Parfaits et l’Avatar. C’est un livre incomparable.

Discours (Meher Baba)

Ces discours originaux ont été donnés par Meher Baba à ses premiers proches disciples. Ils traitent, dans un langage simple, des détails pratiques du progrès sur le Chemin Spirituel. Le meilleur moyen d’illustrer l’étendue incroyable et la profondeur de ce livre est de montrer quelques exemples de titres de chapitre : « La dynamique de l’avancement spirituel », « Parvenir à la Connaissance de Soi », « La réincarnation et le karma » (en 7 parties), « Maya » (en 6 parties), « La nature de l’ego et son annihilation » (en trois parties), « Violence et non-violence », « Le problème de la sexualité », « Les étapes du Chemin spirituel », « La place de l’occultisme dans la vie spirituelle » (en trois parties), « les différents types de méditation » (en huit parties), « Qualités nécessaires à l’aspirant » (en quatre (six ?) parties[18] ), « Le cercle », « La tâche des ouvriers spirituels » et « Dieu, Amour infini ».

Le Tout et le Rien (Meher Baba)

Ce volume contient certains des discours de Meher Baba les plus vitaux et profonds. Ponctués de fréquents traits d’humour et de touches du Maître Poète, Baba souligne ici l’essence de la spiritualité par des paraboles riches, des anecdotes et de vibrantes nouvelles images. Voici certains titres du livre, en plus de « I am the Song » et « The Pearl Diver » qui ont été reproduits dans ce livre : « TITRES ».

Pour plus d’information et un catalogue de publications par et à propos de l’Avatar Meher Baba, veuillez contacter :

Meher Baba Information/AAMB

Adresse postale

REVOIR

ou

visitez le site www.MeherBabaInformation.org

www.meherbaba.fr

Des livres, de l’information et d’autres produits concernant Meher Baba peuvent être également disponibles, aux États-Unis et dans le monde entier, dans des librairies locales ou par des groupes et des centres consacrés à l’Avatar Meher Baba. Voici quelques autres sites d’information :

Avatar Meher Baba Trust/Bibliothèque en ligne

(www.ambppct.org)

Beloved Archives (www.belovedarchives.org)

Sheriar Foundation Books (www.sheriarbooks.org)

Le site « Avatar Meher Baba »

(www.AvatarMeherBaba.org)

The Love Street Bookstore/Los Angeles

(www.lovestreetbookstore.com N’EXISTE PLUS ? Mettre à jour)

Pour de l’information concernant la visite des lieux principaux de pèlerinage en lien avec l’Avatar Meher Baba, y compris sa Tombe-Sanctuaire (Samadhi) et sa maison à Meherabad et Meherazad en Inde, veuillez écrire directement à un des centres suivants ou rendez-vous sur leurs sites web :

Avatar Meher Baba Trust

King’s Road 5Post Bag 31)

Ahmednagar, Maharastra State

Inde 414 001

(www.ambppct.org)

Meher Spiritual Center

10 200 Highway 17 North

Myrtle Beach, South Carolina 29 577

États-Unis d’Amérique

(www.mehercenter.org)

Avatar’s Abode

Meher Road

Woombye, Queensland 4559

Australie

(www.avatarsabode.com.au)

Meher Baba Association

The London Meher Baba Centre

228 Hammersmith Grove, Flat 1

Londres, Royaume-Uni W6 7HG

(www.meherbaba.co.uk)

Meher Mount

9902 Sulphur Mountain Road

Ojai, California 93923

États-Unis d’Amérique

(www.mehermount.com)

[Dessin Mastery in Servitude]

« Je fus Rama, je fus Krishna, et je fus Celui-ci et Celui-là. Maintenant, je suis Meher Baba, exactement le même Ancien en chair et en os, exactement le même Unique qui est éternellement adoré et négligé, qu’on se rappelle et qu’on oublie toujours. »

« Je suis l’Ancien Éternel dont le passé est adoré et commémoré ; dont le présent est ignoré et oublié ; et dont le futur (Avènement) est toujours anticipé avec grande ferveur et immense désir. »

« Inscrivez ces mots dans votre cœur :

Rien n’est réel sauf Dieu.

Rien ne compte sauf l’amour pour Dieu. »

Ce petit livre fournit une introduction à l’Avatar de l’Époque, Meher Baba. Il offre une esquisse de biographie avec quelques-uns des discours et messages de Meher Baba les plus puissants et substantiels, un petit échantillon de ce qui attend le chercheur qui désire en savoir plus sur cette figure centrale de notre époque. Laissez-vous aller : pour un cœur en quête, ce livre pourrait signifier le commencement d’une « idylle divine » sans nulle pareille.

[1] Meher Baba, le Père compatissant NDT.

[2] Meher Baba, le Compatissant NDT.

[3] pour la version anglaise NDT.

[4] Dieu parle en Français.

[4] Chaque avènement de l’Avatar (c’est-à-dire le Dieu-Homme, le Messie, le Bouddha, le Christ, le Rassoul) est la descente directe de Dieu sur la terre sous forme humaine : c’est le Maître Parfait éternellement vivant. Périodiquement, selon des cycles de 700 à 1400 ans, les cinq Sadgourous de l’époque déclenchent cette descente. Pour de plus amples détails et définitions des termes, consulter Dieu Parle par Meher Baba. — Ed.

[4] Pour de plus amples détails voir le discours Les Cercles de l’Avatar. — Ed.

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[2]

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